Trouver sa matière première : qu'est-ce qui nourrit votre écriture ?
Étape 1 du feuilleton "l’été où j'ai construit ma marque personnelle"
Bienvenue dans le premier épisode du feuilleton de l’été !
Dans cet article, tu vas trouver :
Le texte du dimanche
le concept à retenir
un exercice
un outil IA
le programme dimanche prochain
Chaque dimanche, tu trouveras ici un exercice concret avec des questions, un prompt, une méthode.
J'ai choisi de commencer chaque épisode par un texte. Je n’avais pas envie que cette série ressemble à un énième tutoriel où l'on coche des cases pour les oublier trois jours plus tard. L'écriture est ma matière première. Alors puisque cette newsletter est la mienne... autant m’en servir.
1. Le texte du dimanche
A Toi, derrière ton écran.
Je te pose la question et je veux qu’elle te dérange, qu’elle te mette mal à l’aise, parce qu’au fond, je pense que tu ne sais pas, avoue...
Qui es-tu ?
Je t’en prie, épargne-moi les faux-semblants ! Je me moque de la vitrine que tu astiques pour la galerie. Je me moque bien de ce costume social trop grand que tu t’efforces de porter, de ce personnage que tu as fini par croire être à force de le répéter aux autres.
Arrête de tricher, arrête de te mentir et retire ton masque.
Qui es-tu ? Vraiment ?
Comment ? Tu bégayes ? Tu baisses les yeux ? Tu ne sais pas ?
Comment peux-tu prétendre être, comment peux-tu seulement respirer, si tu ignores la nature même de ce que tu es ? Savoir qui on est, bordel, c’est comme savoir respirer non ?
Savoir qui on est, c’est connaître la carte de ses propres séismes. C’est savoir ce qui te tord le ventre d’angoisse ou de désir, ce qui te fout des frissons, ce qui parvient à t’arracher un sourire timide ou un éclat de rire sauvage. C’est nommer ce qui te révolte, ce qui te hurle de te mettre debout, le poing levé, ou au contraire ce qui t’écrase, ce qui t’anesthésie. Savoir qui tu es, c’est connaître la personne que tu vois la nuit quand tu fermes les yeux et qui te ressemble.
Je sais… en vérité, ce n’est pas un exercice facile mais j’avais besoin de te le dire avant qu’on ouvre ce dossier.
Parce que dire qui tu es, ce n’est pas balancer tes préférences futiles aux yeux de tous. Les gens se moquent de voir les photos de tes vacances aux Seychelles ou de ton matcha.
Ne te sens pas obligé non plus de déballer tes blessures ou de pleurer en public si tu n’en as pas envie. Je ne te demande pas de t’exhiber. Je te demande d’être toi. Je veux savoir ce que tu veux être, je veux savoir ce que tu veux dire, ce que tu veux devenir.
Dis-moi... qu’est-ce qu’il reste de toi quand tu te mets à nu ?
Revenons à notre exercice.
Tu as déjà lu des dizaines de guides sur le positionnement. Peut-être t’attends-tu à un exercice d’Ikigai, de why ou un tableau à colonnes de valeurs et qualité ?
Nous allons bien le faire ce tableau, parce qu’il faut bien poser les bases. J’ai cependant remarqué que cet exercice ne suffisait plus parce que beaucoup ignorent souvent comment se définir. Quand on s’auto-évalue, on écrit ce que notre ego veut projeter ou ce qu’on pense que les autres attendent, pas toujours ce que notre réalité produit.
Ma touche personnelle pour ce feuilleton se trouvera donc dans la deuxième étape de ce l’exercice du jour : Utiliser l’IA comme un auditeur de nos contenus. ici on ne va rien produire avec l’IA, en revanche on va lui demander d’analyser tes propres textes pour vérifier si il y a un écart exact entre la posture que tu essaies de te donner et ce qui ressort de tes contenus.
2. Le concept : La matière première, qu’est-ce que c’est exactement ?
Ta matière première, ce sont les éléments bruts de ton travail avant qu’ils ne deviennent un texte : tes sujets récurrents, tes forces, tes contradictions, tes valeurs. Dans les écoles de création et dans la recherche, on parlerait de matériau brut ou de matériau source (oui, je sors le vocabulaire universitaire, promis après j’arrête mais ça faisait bien quand même ;) ).. Autrement dit, tout ce qui précède la forme : ce qu’on ramasse, observe et transforme ensuite en idée, en angle ou en texte.
Ta matière première n’est pas ton intimité.
Ce n’est pas parce qu’une chose t’a construite qu’elle doit être dite et publiée.
La différence avec un sujet et une ligne éditoriale
Une matière première ne se choisit pas vraiment.
Elle vient naturellement, se répète sous différentes formes. Elle est faite de ce qui t’attire et de ce qui t’a construit.
Un sujet se choisit.
Une ligne éditoriale organise le tout
En résumé, ta matière première nourrit ta ligne éditoriale et ta ligne éditoriale donne une forme plus lisible et concrète à cette matière.
Pourquoi commencer par là et pas par une jolie bio bien faite ?
Parce que quand tu écris depuis ta matière réelle, tu ne tombes jamais en panne, tu deviens impossible à confondre avec le voisin, et tu deviens cohérent parce que tu sais et assumes qui tu es.
Exercice pratique : Comment trouver sa matière première ?
Pour faire l’exercice, tu peux télécharger la fiche pour l’imprimer ou faire directement l’exercice ci-dessous.
📥 Télécharger la version complète du feuilleton imprimable (PDF)
📥 Télécharger l’exercice 1 uniquement (PDF)
La question centrale : Où se croisent ce que je sais faire, ce qui m’attire et qui je suis, au point de devenir la base de ma voix ?
Partie 1- Auto-évaluation : Extraire sa matière première brute et ses sujets de prédilection
Prends une feuille et note sans trier ni te censurer : tes idées, tes frustrations professionnelles, les questions récurrentes qu’on te pose, les sujets qui t’intéressent, tes valeurs.
Si tu as du mal à t’auto-évaluer, utilise ces deux “coups de main” :
Coup de main 1 : Appel à un ami. Tes atouts te sont souvent invisibles parce qu’ils te semblent évidents. Envoie ce message court à trois personnes qui te connaissent dans des contextes différents : « Raconte-moi une scène, un moment où tu m’as trouvé particulièrement utile, juste, pertinent ... (ou tout autre adjectif que tu voudras) » Repère les verbes et les situations qui reviennent dans leurs réponses.
Coup de main 2 : Trésor caché. Cherche ce qui te paraît tellement naturel que tu oublies de le compter comme une force. Prends une compétence qui te semble banale et liste tout ce à quoi elle peut servir. Plus la liste s’allonge, plus tu réaliseras que ton évidence est rare.
Le tableau à compléter :
Mon exemple, pour que tu voies à quoi ça ressemble une fois rempli :
À ce stade, on a une idée assez juste de la matière première qu’il faudrait utiliser pour son contenu. Il est désormais temps de le confronter à un audit de notre contenu pour vérifier ce qu’il en est.
Partie 2 - Le détecteur de mensonges : Utilisez l'IA pour auditer votre ligne éditoriale (Exercice & Prompt Comet)
Une fois le tableau rempli, vérifie ce qui ressort vraiment de ton contenu. Utilise Comet, le navigateur IA de perplexity ouvre ta page substack, linkedin, site internet , instagram… et colle ce prompt dans l’assistant.
Tu peux adapter ce prompt dans claude ou autre IA si tu veux (il te suffit alors de copier coller le prompt) mais je trouve que Comet est le plus pertinent pour cet exercice.
Si tu n’as encore rien publié, pas de souci, tu peux quand même faire l’exercice avec ce que tu as déjà écrit sans publier, tes notes, tes mails, tes messages à tes proches et si tu n’as vraiment rien écrit, tu pourras sauvegarder ce prompt pour faire cette partie de l’exercice un peu plus tard.
🤖 Prompt :
Agis en tant qu'expert en stratégie éditoriale, mentor en écriture et analyste de contenu de premier plan. Tu es reconnu pour ton œil critique implacable, ton refus du jargon marketing corporate et ta capacité à débusquer la singularité brute d'un auteur.
Ta posture : Sois d'une honnêteté radicale, sans filtre ni politesse artificielle. Ne cherche pas à flatter mon ego. S'il y a un décalage entre ce que je prétends vendre et ce que j'écris réellement, pointe-le du doigt de façon chirurgicale.
Ta mission est d'analyser mes écrits (fournis ci-dessous ou directement accessibles via le contexte de cette page/document Comet) pour identifier ma "matière première réelle" (mes obsessions profondes, mes tensions, ma singularité) par opposition à ma "matière voulue" (ce que mon ego ou ma logique marketing cherchent à mettre en avant).
---
### DÉFINITIONS DE TRAVAIL
- **La matière voulue :** Celle de la photo de galerie. Ce que l'on affiche par stratégie, par conformisme ou pour paraître expert.
- **La matière réelle :** Celle qui s'impose, insiste, résiste et revient en boucle sans être invitée, même quand on pense traiter d'un autre sujet.
---
### TEXTES À ANALYSER
[Insère tes textes ici si nécessaire ou base-toi intégralement sur le contenu de la page/document actuellement ouvert si Comet]
---
### STRUCTURE DE TA RÉPONSE
Analyse minutieusement la structure, les angles, le ton, le choix des mots et les non-dits de mes écrits. Organise ton retour selon le plan strict suivant :
#### 1. L'ILLUSION VS LA RÉALITÉ (Le Diagnostic de décalage)
- **La surface (Matière voulue) :** Qu'est-ce que j'essaie visiblement de projeter pour faire "professionnel", "crédible" ou "vendeur" ?
- **La vibration (Matière réelle) :** Qu'est-ce qui transparaît inconsciemment et fait vibrer le texte ? (Ce qui prend le dessus hors plan).
*Tu dois obligatoirement appuyer ce diagnostic sur 2 ou 3 citations courtes et exactes de mes textes.*
#### 2. LA MATRICE DES 4 PILONS (L'extraction brute)
Synthétise ton analyse sous la forme d'un tableau Markdown à 4 colonnes :
| Sujets Réels | Forces d'Écriture | Tensions Inconscientes | Obsessions Obsessives |
| :--- | :--- | :--- | :--- |
| (Thématiques de fond qui s'imposent au-delà des sujets officiels) | (Tics de langage forts, style, manière unique de connecter les idées) | (Tiraillements internes, paradoxes qui créent du relief) | (Le fil rouge philosophique qui hante les textes) |
#### 3. LA TENSION CENTRALE (Le point de friction unique)
Formule en une seule phrase puissante, brute et mémorable ma **Tension Centrale** (le combat intérieur entre deux forces opposées qui rend mon écriture impossible à copier ou à cloner par une autre IA).
#### 4. LE VERDICT DE SINGULARITÉ (Remplaçable vs Incontournable)
- **Zone Remplaçable :** Où et quand est-ce que je tombe dans le contenu générique, corporatiste ou tiède que n'importe qui d'autre pourrait écrire ?
- **Zone Incontournable :** Où et quand ma matière réelle prend-elle le dessus pour créer une signature unique et mémorable ?
Télécharge l’extension : Si tu ne l’as pas encore, l’outil est gratuit et s’installe en un clic juste ici.
Ouvre ton terrain de jeu : Va sur ta page de contenu (ton Substack, ton profil LinkedIn, ton Instagram ou ton blog personnel).
Active l’assistant : Clique sur l’assistant Comet en haut à droite de ton navigateur.
Lance l’audit : Copie et colle le prompt ci-dessous directement dans l’assistant.
Compare avec ton tableau. Les écarts sont les plus instructifs : ce qui ressort sans que tu l’aies prévu est souvent ta matière la plus riche à prendre en compte !
Ce que j'ai obtenu en me passant moi-même à l'audit, pour que tu voies à quoi ressemble un résultat :
Matière voulue. En surface, tu cherches à te positionner comme une voix experte sur la visibilité, le personal branding, la croissance, l’IA et la construction d’une marque forte. Le vocabulaire de tes titres pointe vers l’efficacité éditoriale, la performance, et des promesses très lisibles pour un lecteur en quête de résultats.
Matière réelle. Ce qui vibre vraiment, c’est moins “comment faire marcher une newsletter” que “comment rester soi sans devenir une caricature de soi-même”. On voit revenir la question de l’identité, du rapport entre visibilité et authenticité, de la communauté réelle versus la façade, et de la légitimité quand on n’entre pas dans les cases classiques de l’expertise.
Et un peu plus loin : Ce qui me marque le plus, c’est que tu ne traites pas la visibilité comme un problème technique, mais comme un problème de cohérence intérieure. Là où tu es remplaçable, c’est quand tu prends la matière voulue pure : Substack, audience, algorithme, influence, SEO, IA, formulés de manière générique et interchangeable.
Avant dimanche prochain... ❤️
Sans chercher à faire une belle phrase, rédige ces cinq lignes, de la manière la plus factuelle possible :
Ma compétence la plus évidente : (Ce que je sais exécuter sans effort)
Mon centre de gravité : (Le sujet ou la discipline vers laquelle je reviens toujours)
Mon parti pris : (Ma manière d’aborder les choses, mon biais de caractère)
Le point de friction : [ma matière voulue] vs [ma matière réelle].
Ma matière première : Le territoire où ces quatre lignes se croisent. (cela peut être des thèmes, des mots, une phrase qui résume bien le tout.)
J’espère que cette première édition du feuilleton de l’été t’a plu et j’espère surtout que tu n’as pas cherché les bonnes réponses.
Si tu as terminé cet exercice avec davantage de questions qu’au début, alors il a probablement rempli son rôle.
Garde précieusement ce tableau, nous allons nous en servir tout l’été.
Dimanche prochain, on passera à une autre étape : transformer cette matière en une voix que l’on reconnaît dès les premières lignes, en faire une signature.
J’ai hâte de te retrouver.
Bonne semaine ensoleillée à tous,
Emilie
Sommaire du feuilleton de l’été :
Construire une marque personnelle ne se fait pas en un article. Chaque dimanche, une nouvelle étape viendra s’ajouter à ce cahier.
🏖️ Introduction - L’été où j’ai construit ma marque personnelle ?
✅ Épisode 1 - Trouver sa matière première (vous êtes ici)
⏳ Épisode 2 - Trouver sa signature
⏳ Épisode 3 - Trouver son positionnement
⏳ Épisode 4 - Affiner son style
⏳ Épisode 5 - Incarner son message
⏳ Épisode 6 - Installer sa marque sur Substack
Retrouve le PDF complet du feuilleton de l’été où j’ai construit ma marque personnelle ici :








Très instructif et surtout très révélateur de nos conflits internes qui se révèlent nos plus belles sources de créativité
Je crois que la problématique dans ce type d'exercice réside dans le fait de poser les réponses à "qui suis-je". Entre ce que je crois être, ce que je suis, ce que je souhaiterais être, ce que les autres crois que je suis, c'est un truc à se perdre, et d'ailleurs, beaucoup s'y perdent en réalité. C'est bien plus délicat qu'on ne le pense. Sans parler du "biais de la bonne réponse" qui vient parasiter l'exercice. Le faire seul est une vraie gageure.