J’ai comparé 22 ressources sur la croissance Substack pour identifier ce qu’il faut vraiment faire, tester ou ignorer. Au programme : régularité, Notes, engagement, fidélisation, collaborations, fréquence, horaires, formats et règles comme le 10-5-1
Nous sommes fin juillet, une tasse de café encore brûlante posée à côté de moi. Les enfants dorment encore et je profite de la fraîcheur du matin pour me pencher sur le plan du dernier article de cette série.
Consacrer un épisode entier à la manière de développer sa marque personnelle sur Substack me semblait indispensable pour la clôturer. Le sujet était évident mais j’avais envie d’un angle différent.
Je ne me voyais pas vous écrire « mes 5 conseils pour réussir sur Substack », car des conseils sur Substack, il y en a déjà tellement...
Publiez beaucoup, mais privilégiez la qualité. Écrivez des Notes courtes, mais racontez des histoires. Posez des questions pour créer de la conversation… mais ne posez surtout pas de questions parce qu’elles demandent un effort au lecteur. Travaillez votre bio, votre page About et votre email de bienvenue. Publiez le dimanche. Montrez votre visage. Commentez dix fois par jour, mais spontanément. Préparez vos Notes à l’avance, mais restez authentique.
STOP !
Réalisons-nous seulement l’absurdité de vouloir appliquer tout cela à la fois ?
Tous ces conseils nous arrivent sans hiérarchie, avec le même ton assuré. Une analyse portant sur plusieurs millions de Notes, l’expérience d’un créateur qui a réussi, une intuition ou une méthode personnelle soi-disant applicable pour tous…
Tout cela arrive dans notre feed avec le même « voici comment faire » et la même promesse de voir notre audience s’élargir.
On sauvegarde, on prend des notes, on se promet d’essayer dès lundi prochain… Quelques jours passent et on se retrouve avec les mêmes questions :
Par quoi commencer ? Qu’est-ce qui compte vraiment ? Et qu’est-ce que je peux ignorer sans risquer de passer à côté de l’astuce du siècle ?
C’est donc ce que j’ai décidé de faire pour ce dernier épisode : ne surtout pas ajouter ma méthode à la pile, mais faire le tri à votre place.
Pour cela, j’ai passé en revue une vingtaine de ressources dont cinq analyses quantitatives publiées par ceux que je considère comme “les pros de Substack”.
Si vous n’avez que deux minutes, descendez directement à la fiche mémo en fin d’article, tout y est classé par priorité. Le reste vous explique pourquoi.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, je tenais à rappeler que lors des cinq articles précédents, nous avons construit les fondations de votre marque : positionnement, regard, voix, style, crédibilité. Si vous n’avez pas encore posé ces bases, n’hésitez donc pas à repartir de l’article d’introduction : construire sa marque personnelle en six étapes
Les cinq premiers épisodes ont construit la marque, celui-ci va vous proposer les meilleurs conseils pour la développer sur Substack.
Comment j'ai trié les conseils Substack
J’ai analysé 22 ressources : des retours d’expérience de créateurs ayant construit de grosses audiences, des spécialistes de Substack : comme Write • Build • Scale, Andi Bitay ou Olivia Wickstrom, ainsi que les ressources officielles de Substack.
Toutes les sources utilisées sont disponibles en fin d’article.
Pour éviter de confondre répétition et validation, je n’ai pas compté les articles mais les sources indépendantes : six articles du même auteur ne valent qu’un seul avis et plusieurs articles citant la même source ne font toujours qu’une seule donnée.
Pour chaque conseil, j’ai ensuite regardé combien de sources convergeaient, sur quoi elles s’appuyaient et ce que les données mesuraient.
Puis j’ai tout ramené à trois niveaux de conseils volontairement simples :
FAITES-LE → suffisamment fiable pour être priorisé.
TESTEZ-LE → intéressant, mais dépendant du contexte.
IGNOREZ L’OBLIGATION → rien ne justifie d’en faire une règle.
Les 6 conseils Substack à appliquer en priorité : A FAIRE
1. Les indispensables avant de publier sur Substack : Clarifier → configurer → vous présenter
Clarifiez votre promesse éditoriale
Sur quoi écrivez-vous, pour qui et pourquoi cela mérite-t-il d’être lu ?
Si vous avez suivi les cinq épisodes précédents, vous avez déjà fait ce travail. Il ne s’agit donc pas de recommencer votre positionnement, simplement de le traduire clairement sur Substack.
Vérifiez les réglages indispensables
Avant de publier davantage, faites un rapide tour dans vos paramètres :
Choisissez la bonne catégorie. Substack indique explicitement que la catégorie aide à classer votre publication dans ses espaces de recherche et de découverte. Si vous apparaissez dans un classement par catégorie, seule votre catégorie principale est utilisée : choisissez donc celle qui correspond vraiment à ce que vous publiez.
Réglez la langue de votre publication. Si vous écrivez en français, sélectionnez Français : ce réglage détermine notamment la langue de nombreuses interfaces vues par vos lecteurs
Travaillez votre présentation : bio, page À propos, email de bienvenue.
Lenny Rachitsky insiste sur la cohérence de son pitch dès le lancement, Write • Build • Scale place le positionnement en première étape de sa feuille de route et Andi Bitay construit toute sa méthode de page À propos autour de cette idée :
Quelqu’un qui vous découvre doit comprendre très vite ce qu’il va trouver chez vous et pourquoi ça l’intéresserait.
Ça ne veut surtout pas dire réduire votre bio à une formule marketing du type « j’aide X à obtenir Y grâce à Z ». Ça veut dire pouvoir répondre à « alors, tu écris sur quoi et pourquoi ? ».
Ces espaces ne sont pas vus au même moment ni par les mêmes personnes, donc ils ne méritent pas le même effort.
La bio est la présentation la plus vue. Elle doit permettre de vous comprendre en quelques secondes. C’est souvent elle que l’on regarde après avoir découvert une de vos Notes.
la page À propos, est beaucoup moins visible mais ceux qui font l’effort d’aller voir votre page sont réellement intéressés par ce que vous faites et qui vous êtes.
L’email de bienvenue arrive au moment où la personne vient de s’abonner…Elle vous a déjà accordé une première forme de confiance, je trouve donc cela normal de prendre le temps de personnaliser ce message pour l’accueillir et la remercier mais surtout c’est l’occasion idéale de l’orienter vers les contenus qui vous représentent le mieux.
Personnalisez votre page d’accueil : Lorsque vous aurez commencé à publier, pensez à épingler l’article qui vous représente le mieux et à simplifier votre navigation en créant des catégories dès que vous commencerez à avoir beaucoup d’articles.
2. Publier régulièrement
Le conseil le plus banal de l’enquête et aussi le plus répété est celui de publier de façon régulière.
Lenny Rachitsky attribue une partie de sa construction initiale au fait d’avoir publié chaque semaine pendant des mois sans en manquer une seule,
Write • Build • Scale insiste sur la constance et les formats répétables et les guides pour débutants recommandent tous de choisir une cadence et de s’y tenir.
Attention, régulièrement ne veut pas dire très souvent, ni à heure fixe. Le consensus porte sur le rythme et non sur le volume.
Il ne s’agit même pas d’une question d’algorithme. Publier trois fois par semaine pendant quinze jours puis disparaître deux mois, n’installe aucun rendez-vous.
Entre quelqu’un que vous avez croisé tous les jours pendant une semaine et quelqu’un que vous croisez deux heures chaque semaine depuis un an, lequel vous semble le plus familier ?
La régularité permet de construire une place dans la mémoire du lecteur.
3. Participer avant de demander de l’attention.
On aimerait parfois croire que Substack n’est pas un réseau social. Il est différent des autres sur bien des points, mais cela reste un endroit rempli de gens qui écrivent, lisent, répondent et se recommandent, donc … un réseau social.
C’est d’ailleurs le conseil qui revient le plus après la régularité.
Substack confirme de son côté que les réponses, les Restacks, les partages et plus largement l’activité dans l’écosystème participent à la découverte, notamment parce qu’ils permettent à la plateforme de comprendre les proximités entre audiences indispensables à l’algorithme.
Si vous débutez, consacrez donc une partie de votre temps à lire, répondre et Restacker. Idéalement, essayez de le faire un peu chaque jour et si cela est trop pour vous, trois vrais moments d’interaction par semaine peuvent suffire déjà à vous rendre plus visible.
Les relations intéressantes, dans la vie comme ici, commencent rarement par :
« Bonjour, on ne se connaît pas, mais est-ce que tu peux recommander ma newsletter à tous tes abonnés ? »
(Même à mon petit niveau, j’en ai reçu... J’avoue que ça m’a laissée perplexe)
Lire → répondre → échanger → recommander → puis éventuellement collaborer.
Cela ressemble simplement à la façon dont un réseau fonctionne non ?
4. Utiliser les Notes pour être découvert.
Substack n’est plus seulement un outil de newsletter, la plateforme possède désormais ses propres mécanismes de découverte, ce qui vous donne deux grandes portes d’entrée.
Le réseau interne : Notes, Restacks et Recommendations.
Le réseau externe : Moteurs de recherche, réseaux sociaux, podcasts et autres sources externes.
Si vous partez avec peu d’audience externe, il semble difficile d’ignorer la première option.
Les Notes sont aujourd’hui l’un des principaux leviers de découverte à l’intérieur de Substack. Write • Build • Scale les considère même comme son canal le plus rapide pour toucher de nouveaux lecteurs.
Et ce n’est pas seulement un conseil de créateur : Mike Cohen, l’un des responsables du système de recommandation chez Substack, explique que le feed est précisément conçu pour faire découvrir des publications et provoquer l’abonnement
5. S’occuper des abonnés déjà là.
On parle énormément de la manière de gagner des abonnés et très peu de ce qu’on en fait ensuite. Pourtant un abonné n’est pas encore un lecteur fidèle.
Je vois trois niveaux dans cette relation

Le deuxième demande surtout de répondre. Quelqu’un commente, vous écrit après un envoi ou réagit régulièrement ? Répondez quand vous le pouvez, cela construit la relation.
Le troisième est celui qui m’intéresse le plus, celui où la relation devient moins unilatérale. En plus petit comité, dans un espace de discussion, les échanges sont plus libres et plus spontanés.
Les recommandations que j’ai étudiées insistent d’ailleurs sur l’intérêt des rendez-vous communautaires réguliers : un fil hebdomadaire, une question récurrente, un rendez-vous identifiable…
J’ai bien l’intention de franchir ce cap dès la rentrée 🙂
6. Recommander et collaborer avec des publications proches de la vôtre
Ce conseil revient de façon unanime, comme étant un levier très puissant pourtant je le vois moins appliqué en France.
Je le dis avec prudence parce que je n’ai pas de donnée pour le mesurer, mais côté francophone, on parle énormément de Notes, de fréquence, d’algorithme… et beaucoup moins de Recommendations, de collaborations ou de publications croisées.
Pourtant, presque toutes les sources que j’ai étudiées reviennent dessus : sur Substack, on grandit rarement seul.
Write • Build • Scale va jusqu’à présenter la collaboration comme son principal levier de croissance en deux ans et recommande de commencer par les Recommendations, plus simples à mettre en place avant d’aller vers des collaborations plus ambitieuses.
Les formats diffèrent mais tous permettent d’emprunter temporairement la distribution et surtout la confiance d’un autre auteur.
Une méthode que j’ai trouvée intéressante consiste à répartir les publications qui vous entourent en trois cercles

Puis à commencer par les adjacentes : vous parlez aux mêmes personnes sans proposer exactement la même chose, ce qui rend la collaboration beaucoup plus naturelle. C’est d’autant plus pertinent que Substack utilise justement les chevauchements entre audiences pour recommander de nouveaux contenus
Cela évite aussi la version réseautage bas de gamme, le fameux :
« je te recommande si tu me recommandes ».
Une Recommendation est un transfert de confiance. Recommander n’importe quoi pour obtenir quelque chose en retour finit surtout par diluer la valeur de votre propre recommandation.
Personnellement, j’aime raisonner en collectif : avec qui pourrais-je partager une vision ou un univers sans faire exactement le même travail ?
Imaginez un cabinet réunissant plusieurs professionnels de santé : même exigence, même finalité générale, mais des spécialités différentes qui leur permettent de s’orienter mutuellement les bonnes personnes.
Commencez donc par identifier quelques publications complémentaires que vous lisez vraiment. Échangez avec elles, soutenez leur travail.
La collaboration viendra peut être par la suite....
Deux conseils bonus, moins unanimes mais à garder
Bonus 1 : Regarder ce qui est transmis plutôt que ce qui est aimé
Un Like dit
« j’ai aimé ».
Un Restack dit
« je considère que ceci mérite d’être montré aux personnes qui me suivent ».
Un Like vous fait plaisir, un Restack vous prête l’audience de quelqu’un d’autre, ce qui n’est pas du tout la même chose.
Substack confirme que le Restack est un signal de découverte, en revanche Substack ne dit nulle part qu’il vaut davantage que le Like pour gagner des abonnés.
Cette hiérarchie apparaît dans l’étude de Write • Build • Scale sur 9 641 Notes : le nombre de Restacks y est beaucoup plus fortement associé aux abonnés gagnés que le nombre de Likes.
Cela semble assez logique puisqu’un Restack fait sortir votre contenu de votre propre audience.
Concrètement, regardez ce qui est Restacké, cité, partagé ou recommandé.
Et posez-vous cette question : qu’est-ce que je produis qu’un autre aurait intérêt à associer à son propre nom ?
Bonus 2. Ne pas laisser un bon article vivre une seule fois.
Judd Legum ne se contentait pas de poster le lien vers ses enquêtes, il les transformait en contenus autonomes capables de circuler ailleurs.
Un article contient rarement une seule idée, il serait donc dommage de s’en priver ?
Je n’ai évidemment aucune envie de transformer chacun de mes textes en une division de micro notes mais le principe est bon.
Les conseils Substack à tester sur votre propre audience - À TESTER
Le deuxième niveau de conseils est probablement le plus intéressant.
Les premiers conseils évoqués ci-dessus sont finalement assez banals et peu précis. Ils sont donc moins attractifs pour le lecteur, parce qu’ils semblent moins concrets et qu’on ne dit jamais précisément comment faire.
Les conseils qui suivent sont à l’inverse, plus précis, plus concrets et donc beaucoup plus tentants à appliquer.
Sauf que plus un conseil est précis, plus il devient contestable et dépend du contexte. Je vous déconseille donc de les suivre aveuglément sans les avoir testés sur votre propre cas.
Certaines idées reposent sur des données ou plusieurs retours d’expérience et méritent franchement d’être essayées mais cela n’en fait pas des lois universelles
Pourquoi je vous dis ça ?
En analysant certaines études, j’ai remarqué que les résultats se contredisaient de l’une à l’autre. Par exemple, la première affirme que la longueur des Notes a un impact sur leur performance et la seconde non. En réalité les deux études étaient justes, elles ne mesuraient simplement pas le même objectif.
Ce n’est qu’un exemple, mais gardez en tête que tous les conseils qui suivent sont à tester au préalable, parce que sortis de leur contexte (la saison, le moment du test, le type de compte analysé) les résultats peuvent varier considérablement.
À noter, pour tester dans de bonnes conditions :
Un seul changement à la fois, sinon vous ne saurez jamais lequel a produit quoi.
Plusieurs tests avant de tirer des conclusions (surtout si vous avez peu d’abonnés, sinon ce ne sera pas significatif)
Notez le résultat quelque part : ce que j’ai changé, ce que j’attendais, ce qui s’est passé.
Recommencez régulièrement vos tests et ne prenez rien pour acquis car votre audience peut évoluer avec le temps, la saisonnalité peut faire varier une donnée..
Comment écrire une Note qui fait gagner des abonnés
Dès qu’on passe de « utilisez les Notes pour grandir » à « voici comment écrire une Note efficace », plus personne ne semble d’accord.
Je dois vous avouer que je ne suis généralement pas favorable au “comment ércire”, aux textes à trous, que ce soit pour une bio, un positionnement ou … une Note.
Néanmoins je suis d’accord que cela peut donner une direction, et avoir quelques bonnes pratiques en tête ne fait pas de mal. Encore faut-il vérifier que les conseils reçus donnent bien leur contexte et objectif.
Les templates de notes pensés pour des comptes experts ne marcheront pas forcément sur des comptes d’auteurs et les conseils destinés aux comptes de plus de 1 000 abonnés ne seront pas aussi efficaces sur un compte qui débute.
Personnellement, j’aime l’idée de penser les Notes comme des briques. Chaque brique aide à construire votre maison et chacune a un rôle différent.

Si les trois premiers types construisent ensemble votre ligne éditoriale, le dernier est celui qui permet qu’on s’attache à vous.
Je trouve cette stratégie bien plus utile que de savoir si je dois écrire une note de 222 ou 42 mots…
Je le répète mais les bonnes stratégies se construisent par des systèmes pensés dans leur globalité et non par une accumulation de petites astuces.
Gardez donc votre liberté d’écrire comme vous en avez envie !
Pour ceux qui souhaitent tout de même quelques repères à tester, voici un tableau récapitulatif sur les notes, issu des deux études de Write • Build • Scale portant respectivement sur la conversion et sur l’engagement.

Autre résultat intéressant : les Notes de 33 à 64 mots obtiennent le plus d’engagement, mais au-delà de 257 mots, les performances remontent nettement. L’auteur observe que les lecteurs qui s’engagent dans ces formats longs sont plus fortement engagés, même s’ils sont moins nombreux.
Cela confirme ce que je pense : soit vous avez une pensée courte à faire passer et les notes courtes sont parfaites, soit vous avez une idée à développer et dans ce cas, suivre le conseil « les Notes doivent être courtes » est non seulement inutile mais il peut vous priver d'une audience potentiellement plus qualifiée.
À quel rythme publier sur Substack
Si la régularité fait l’unanimité, aucune fréquence précise ne fait réellement consensus.
La question que tout le monde se pose est donc : est-ce qu’il faut publier plus ? et combien de fois par jour/semaine ?
Pour les articles :
Finntropy, qui a analysé 2,3 millions de publications écrites par 13 534 comptes, avance qu’un article de plus par semaine ferait la différence entre des résultats multipliés par dix...
Le chiffre est comment dire ….spectaculaire !
Sauf qu’on ne sait pas très clairement quels « résultats » sont ainsi multipliés, ni entre quels groupes la comparaison est faite. Et l’étude sert aussi à promouvoir leur propre outil. Je garderais donc surtout l’idée générale : publier davantage peut aider, à condition de pouvoir tenir le rythme.
De son côté, Lenny Rachitsky attribue une partie de sa construction initiale au fait d’avoir publié chaque semaine pendant des mois sans en manquer une seule.
A tester donc, seulement si vous pensez pouvoir tenir le rythme !
Pour les Notes :
La recommandation que je retrouve le plus souvent est de viser environ une Note par jour.
Write • Build • Scale en fait une habitude quotidienne et Karen Cherry arrive à une recommandation similaire, tout en précisant qu’il vaut mieux publier moins si ce rythme devient impossible à tenir.
Une Note par jour me semble donc être un bon rythme à tester, mais gardez en tête que ce n’est pas une loi Substack.
Si cela vous oblige à publier n’importe quoi uniquement pour cocher la case, trois ou quatre Notes par semaine feront mieux l’affaire.
À quelle heure et quel jour publier une Note
Prenons l’étude qui semble la plus sérieuse, celle d’Orel, de The Writing Edge qui a publié une analyse portant sur 18,868,307 Notes .
Le panel est immense et les écarts observés sont intéressants. En moyenne :
le dimanche arrive en tête, suivi du samedi ;
le lundi est le jour qui performe le moins, malgré un volume important de publications ;
les créneaux 9 h–14 h, heure française, obtiennent de bons résultats ;
à l’inverse, 17 h–21 h en semaine semble être une mauvaise fenêtre : beaucoup de contenus sont publiés au même moment, ce qui augmente fortement la concurrence.
Je pourrais donc vous dire : publiez le dimanche entre 9 h et 14 h et évitez le lundi
Sauf qu’il faut garder en tête qu’un chiffre ne vaut rien sans son contexte. Les limites de l’étude sont nombreuses et elles portent toutes sur la même chose, la transposition à votre situation.
L’analyse agrège presque quatre années de données alors que le feed et les usages de Substack ont évolué pendant cette période
On ne connaît pas la répartition géographique : Si le panel est essentiellement américain, qui me dit que les habitudes de connexion sont les mêmes ici ?
les résultats ne sont pas segmentés selon le type de publication. Un compte expert, une newsletter littéraire ou un journal personnel ont-ils réellement les mêmes heures de lecture ? Impossible de le savoir.
L’étude reste donc très intéressante. Elle nous donne une excellente hypothèse de départ : tester le week-end, notamment le dimanche, et expérimenter les créneaux du matin.
Mais elle ne peut pas devenir une prescription.
Votre audience a peut-être ses préférences, mon conseil est donc simple :
Soit vous publiez au moment qui vous arrange le plus, parce que c’est ainsi que vous tiendrez dans la durée.
Soit vous voulez optimiser, et dans ce cas testez ces créneaux sur votre propre audience avant d’en tirer une conclusion.
Quelle longueur pour un article Substack
Je m’attendais à trouver quelque chose là-dessus car, de mémoire, j’avais vu passer des conseils du type : pas plus de 2 000 mots… En réalité, je n’ai pas trouvé grand-chose.
Le seul repère qui circule est un temps de lecture moyen d’environ quatre minutes, et il vient d’un agrégateur de statistiques sans échantillon propre.
À tester donc, comme le reste. Reprenez vos dix derniers articles, classez-les du plus court au plus long, puis regardez le taux d’ouverture, les clics et les nouveaux abonnés. Si aucune tendance n’apparaît, arrêtez de vous poser la question et écrivez la longueur que demande votre sujet !
J’ai fait le test : mon meilleur article à ce jour est aussi le plus long…
Les conseils Substack que vous pouvez ignorer : À IGNORER
Nous arrivons à ma partie préférée parce qu’elle évoque les injonctions qui peuvent parfois être coûteuses et culpabilisantes.
Avant toute chose, il est important de préciser que je ne dis pas que ces conseils sont faux, loin de là.
Honnêtement, je n’ai pas vu de « mauvais conseils ». Sachant que je n’ai étudié que de gros comptes dédiés à Substack, cela me semble plutôt normal.
Mais entre « ça pourrait être intéressant à essayer » et « vous devez faire ça pour réussir », il y a un gouffre, surtout que tous les conseils n’ont pas le même coût…
Si je vous encourage volontiers à tester les conseils qui ne vous coûtent rien, je suis beaucoup plus prudente avec ceux qui demandent du temps, de l’énergie ou vous obligent à faire quelque chose qui ne vous ressemble pas. Je vois trop de personnes se forcer à les appliquer par peur de ne pas mettre toutes les chances de leur côté. C’est précisément le cas des conseils qui suivent.
Non, vous n’êtes pas obligé de montrer votre visage.
L’intention derrière ce conseil se comprend, voir quelqu’un crée de la familiarité. Mais je n’ai trouvé aucune donnée montrant qu’une newsletter dont l’auteur montre son visage croît mécaniquement plus vite, et les contre-exemples existent (je n’ai aucune idée de la tête de l’auteur d’IA Espresso et ça n’a pas eu l’air de le freiner 😉).
Ce conseil confond montrer son visage et incarner sa publication. On peut parfaitement incarner la sienne avec une voix, un style et une manière très identifiable de regarder les choses.
Non, vous n’êtes pas obligé de faire de la vidéo ou de l’audio.
Substack investit beaucoup dans ces formats et leur usage progresse, ce qui en fait une possibilité intéressante. Ça ne prouve pas qu’ils seront un meilleur levier pour vous, parce que les gens qui les utilisent sont peut-être aussi plus actifs, mieux équipés ou déjà plus visibles. Et la source qui pousse ces formats est aussi celle qui a intérêt à ce qu’ils soient adoptés. Si vous aimez la vidéo, essayez. Si l’idée de parler face caméra vous donne envie de vous cacher sous la couette, votre newsletter survivra très bien sans.
Non, la règle 10-5-1 n’est pas une loi de l’algorithme.
Dix interactions, cinq réponses utiles, une Note originale par jour.
Le conseil est repris en masse alors qu’il vient d’une seule source, Write • Build • Scale.
Je le trouve plutôt malin comme discipline, parce qu’il empêche de passer sa semaine à demander de l’attention sans jamais en donner. Cette règle donne un cadre.
En revanche, dès que le cadre devient un quota à remplir, il perd une partie de son intérêt. Dix interactions faites “pour faire” n’ont probablement pas plus de valeur que trois vraies conversations.
Je vois régulièrement passer des commentaires qui semblent surtout là pour cocher une case, c’est une pratique qui peut vous desservir à la longue.
Gardez donc l’idée : participer davantage mais oubliez les chiffres.
La fiche mémo : par où commencer pour installer votre marque personnelle sur Substack
Vous remarquerez que l’ordre n’est pas le même que celui de l’article. Cela est normal : jusqu’ici, j’ai classé les conseils selon leur niveau de solidité. Ici, j’ai souhaité les classer par ordre de priorité.
1. Clarifiez votre promesse éditoriale. Sur quoi écrivez-vous, pour qui et pourquoi cela mérite-t-il d’être lu ?
2. Configurez votre publication. Catégorie, langue, page d’accueil, navigation : faites simple et clair.
3. Travaillez votre présentation. Bio, page À propos, email de bienvenue : trois espaces, trois rôles différents.
4. Fixez un rythme réaliste pour être régulier.
Définissez une cadence d’articles que vous pouvez tenir.
Pour les Notes, visez une par jour si possible, sinon au moins trois par semaine pour commencer.
5. Utilisez les Notes pour être découvert.
Variez leur rôle (pensée, preuve, conversation) et faites circuler plusieurs idées issues de vos articles.
6. Participez réellement au réseau. Lisez, répondez, commentez, Restackez.
7. Occupez-vous des abonnés déjà là. Répondez, créez des rendez-vous et donnez-leur une raison de revenir.
8. Identifiez les publications complémentaires à la vôtre. Commencez par les lire et les soutenir puis envisagez des recommendations ou collaborations.
Et surtout : analysez avant d’optimiser.
Chaque mois, regardez au minimum d’où viennent vos nouveaux abonnés, quels articles en génèrent, vos taux d’ouverture, quelles Notes sont transmises, qui vous recommande et quels lecteurs reviennent ?
Donc avant de modifier vos horaires, vos longueurs, votre fréquence ou vos formats :
Remettez en question et testez TOUS les conseils précis que vous lisez ou recevez : Les chiffres issus d’analyses et d’expériences doivent vous servir de base pour savoir quoi tester, mais ils ne doivent jamais vous dicter comment ou quand écrire.
Substack n’est que l’adresse
Voilà probablement ce qui me restera de toute cette enquête :
plus un conseil devient précis, plus il est séduisant à appliquer… et plus il mérite qu’on regarde d’où il vient avant de lui obéir.
Ce n’est pas une raison pour ignorer les données, bien au contraire. Utilisez-les pour savoir quoi tester, puis gardez le droit de ne pas tout appliquer.
À force d’optimiser, on finit parfois par produire une version statistiquement efficace de quelque chose qu’on n’avait jamais eu envie d’écrire.
Et ça, vous le savez, ce n’est pas ma vision du contenu.
Le but n’est de toute façon pas de devenir excellent sur Substack. Vous êtes en train de construire quelque chose qui doit vous ressembler, parce que c’est votre espace.
Si vous prenez le temps de bien le faire, dans quelques mois vous aurez une bibliothèque de contenus, une réputation, des formats, un réseau et une vraie relation avec des lecteurs.
Substack peut énormément aider tout ça à grandir, mais Substack n’est pas votre marque.
Substack n’est que l’adresse… Il faut maintenant ouvrir la porte et donner aux bonnes personnes une raison de venir vous voir.
Une dernière chose avant de vous laisser. Il y a forcément dans cette liste un conseil que vous vous forcez à appliquer alors qu’il ne vous ressemble pas ?
Dites-moi lequel en commentaire, ça m’intéresse vraiment de savoir lesquels nous pourrissent la vie collectivement.
Un grand merci à toutes celles et ceux qui ont lu et commenté les articles de cette série. Vous n’imaginez pas à quel point ça me touche, parce que même si je le fais avec plaisir, c’est un sacré travail !
Émilie
Construire une marque personnelle ne se fait pas en un article. Voici le feuilleton complet.
✅ Introduction - L’été où j’ai construit ma marque personnelle
✅ Épisode 1 - Trouver sa matière première
✅ Épisode 2 - Trouver sa signature d’écriture
✅ Épisode 3 - Trouver son positionnement
✅ Épisode 4 - Affiner son style
✅ Épisode 5 - Incarner son message
✅ Épisode 6 - Installer sa marque sur Substack (vous êtes ici)
Sources
Analyses quantitatives
Sinem Günel & Philip Hofmacher, Write • Build • Scale, I Analyzed 9,641 Substack Notes. Here’s What 99% of Writers Are Doing Wrong, 2026.
Sinem Günel & Philip Hofmacher, Write • Build • Scale, I Analyzed 2.7 Million Substack Notes From Bestsellers. Here’s What Actually Works, juillet 2026.
Finntropy, What 13,844 Newsletters Reveal About Growing on Substack?, février 2025.
Tomas Laurinavicius, Best Writing, 35 Substack Statistics for Writers (2026), mai 2026.
Orel, I Analyzed 18,868,307 Notes. Here’s The Best Time To Post Them, juin 2026
Substack, algorithme et fonctionnement de la plateforme
Mike Cohen, How the Substack feed is learning to understand your reading journey, octobre 2025.
Karen Cherry, PubStack Success, The Notes algorithm explained (by its actual creator), entretien avec Mike Cohen, novembre 2025.
Wes Pearce, Escape the Cubicle, Substack Just Revealed How the Notes Algorithm Works. Here’s What They Said, novembre 2025.
Wes Pearce, Escape the Cubicle, I Discovered the Substack Notes Algorithm Rewards Just One Thing (and it’s not engagement), décembre 2025.
Retours d’expérience, guides et études de cas
Sinem Günel, Write • Build • Scale, How to Get Your First 100 Substack Subscribers From Zero, juillet 2025.
Sinem Günel & Philip Hofmacher, Write • Build • Scale, 200 Lessons From 2 Years on Substack, 2025.
Sinem Günel, Write • Build • Scale, The 6-step Substack growth roadmap I’d follow in 2026.
Sinem Günel & Philip Hofmacher, Write • Build • Scale, 365 Lessons We Learned in Our First Year on Substack, juillet 2025.
Andi Bitay, Ditch the Templates, How to write an About Page that builds trust.
Andi Bitay, Ditch the Templates, How to Write Notes That Turn Strangers into Subscribers.
Andi Bitay, Ditch the Templates, Is 40 too late to build a personal brand? Here’s how I built mine on Substack.
Olivia Wickstrom, Petal + Hearth, The Notes Strategy That Made Me a Substack Bestseller, janvier 2026.
Hamish McKenzie, On Substack, A growth masterclass with Judd Legum of Popular Information, juin 2019.
Lenny Rachitsky, Substack, How Lenny Rachitsky earned $65,000 in his first year of writing, août 2020.
Questions fréquentes sur la croissance d’un Substack
Faut-il publier tous les jours sur Substack ?
Non. Ce qui revient le plus souvent dans les sources que j’ai étudiées, c’est la régularité, pas une fréquence universelle. Une cadence réaliste que vous pouvez tenir dans la durée vaut mieux qu’un rythme très intense abandonné trois semaines plus tard.
Combien de Notes faut-il publier par semaine ?
Il n’existe pas de chiffre magique. La recommandation qui revient le plus souvent est de viser environ une Note par jour, mais je la considère comme un rythme à tester, pas comme une règle. Si cela vous pousse à publier n’importe quoi pour tenir le quota, deux ou trois Notes par semaine constituent déjà un bon point de départ.
À quelle heure faut-il publier une Note sur Substack ?
La plus grande analyse que j’ai trouvée porte sur 18,8 millions de Notes. Elle observe notamment de meilleurs niveaux d’engagement le week-end, particulièrement le dimanche, ainsi que sur certains créneaux correspondant approximativement à la matinée et au début d’après-midi en France. Mais l’étude mesure l’engagement moyen, agrège plusieurs années de données et ne permet pas de savoir si ces horaires fonctionneront pour votre audience. Testez-les si vous voulez optimiser, mais n’en faites pas une règle.
Les Restacks comptent-ils plus que les Likes ?
Pour gagner des abonnés, ils semblent en tout cas beaucoup plus intéressants. Dans l’analyse de 9 641 Notes de Write • Build • Scale, les Restacks sont beaucoup plus fortement associés aux abonnés gagnés que les Likes. Substack confirme de son côté que le Restack participe à la découverte, sans dire qu’il « vaut » officiellement plus qu’un Like.
La règle 10-5-1 est-elle une règle de l’algorithme Substack ?
Non. Elle circule sous plusieurs formes, y compris chez Write • Build • Scale qui l’a popularisée. C’est surtout un cadre pour se forcer à participer au réseau, pas une formule officielle de Substack. Je trouve le principe intéressant ; beaucoup moins l’idée de remplir mécaniquement un quota d’interactions. Gardez l’idée : participer davantage. Oubliez les chiffres.
Faut-il montrer son visage pour faire grandir son Substack ?
Non. Montrer son visage peut créer de la familiarité, mais je n’ai trouvé aucune donnée démontrant qu’une newsletter grandit mécaniquement plus vite lorsque son auteur apparaît. Incarner sa publication ne signifie pas forcément montrer sa tête : une voix, un style et une manière identifiable de regarder les choses peuvent très bien remplir ce rôle.
Faut-il faire de la vidéo ou de l’audio sur Substack ?
Pas forcément. Substack développe fortement ces formats et ils peuvent être intéressants si vous aimez les utiliser. Rien ne justifie en revanche d’en faire une obligation pour grandir. Si la vidéo vous attire, testez-la. Si elle vous coûte énormément d’énergie, votre newsletter peut très bien se développer sans elle.
Quelle longueur idéale pour un article Substack ?
Je n’en ai trouvé aucune. Le seul repère récurrent que j’ai rencontré est un temps de lecture moyen d’environ quatre minutes, mais il provient d’un agrégateur sans échantillon suffisamment documenté pour en faire une règle. Regardez plutôt vos propres articles : si aucune relation claire n’apparaît entre longueur et résultats, écrivez simplement la longueur que demande votre sujet.
Comment gagner ses premiers abonnés sur Substack ?
Commencez par les fondamentaux : clarifiez ce que vous publiez, configurez correctement votre publication, travaillez votre présentation, publiez régulièrement, utilisez les Notes et participez réellement au réseau. Ensuite, rapprochez-vous progressivement de publications complémentaires à la vôtre et occupez-vous des lecteurs qui sont déjà là.
Substack suffit-il pour construire une marque personnelle ?
Non. Substack peut vous aider à être découvert, à publier, à créer une relation avec des lecteurs et à faire circuler votre travail. Mais votre marque se construit dans ce que vous défendez, la manière dont vous l’exprimez et ce que les gens finissent par associer à votre nom.
Substack n’est que l’adresse.
Qui écrit cet article
Émilie Delorme est stratège marketing, spécialisée en visibilité et réputation, et autrice. Elle publie, un média indépendant d’enquête sur la marque, l’écriture et la visibilité à l’ère de l’IA. Elle y développe le marketing de préférence, sa méthode pour comprendre pourquoi certaines marques, idées et personnes sont choisies plutôt que d’autres.
Quinze ans de performance commerciale en e-commerce, dont 3,5 milliards d’euros de volume d’affaires pilotés, puis des missions en stratégie éditoriale, en acquisition et en visibilité sur les moteurs d’IA. Elle a également suivi deux ans de formation en psychologie pour améliorer sa compréhension du comportement humain.




Impressionnant
Merci beaucoup pour cet article d’utilité publique ! Hyper précis, très intéressant et bien expliqué :)