18 Commentaires
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Avatar de Rankh Revaza

J'ai apprécié la lecture de votre numéro. Je partage tout ce que vous avez dit. Une nouvelle fois votre texte a mis de l'eau dans mon moulin. Je viens de réaliser que les obstacles à la question posée sont aussi internes, à savoir notre égo, notre niveau de sincérité avec nous-même et nos motivations et désirs, notre rapport à l'image que l'on renvoie aux autres et notre désir de statut qui est difficile à assumer et nous met dans une forme d'inconfort et de malaise.

A cause de tous ces éléments cités, notre réaction à l'égard de la notion d'influence, influenceur, de visibilité, de vendre, se vendre, rendre visible son travail, nous conduit à ne voir que le côté péjoratif de ces mots qui en plus sont vidés de leur sens aujourd'hui, car dans notre égo, dans l'image que l'on a de soi, on aura l'impression que ce serait moins vertueux et moins noble de faire toutes ces choses que l'on finira par regarder avec une forme inconsciente ou non de dédain et mépris interne. Le fait de vendre quelque chose est considéré comme étant presqu'un acte sale. Et en tant qu'artiste, on veut souvent rester du côté de la pureté, de la beauté et de ce qui est noble. On veut obtenir les résultats au plus profond de nous, mais ne pas payer le prix qui va avec, ni mettre les mains dans le cambouis, sachant en plus que le monde d'aujourd'hui est complexe.

J'apporte une nuance. Quand on dit se vendre, à qui on se vend et à quel moment du processus de vie de la création d'une œuvre ? Avant que le travail soit rendu visible et en fonction des arts ou métiers, il y a un long chemin ? Il est tout à fait possible que lorsque l'œuvre est présentée au public, c'est le public qui sera au centre. Mais cela veut dire, qu'avant d'arriver à ce niveau, il est probable que l'artiste aura eu besoin de savoir se vendre dans le sens où il donne envie aux gens de s'intéresser à son travail ou à lui, pour ensuite s'intéresser à son travail, car n'oublions pas qu'il y a des relations humaines, et que rien n'est binaire. Parfois, on rencontre des gens, on s'intéresse à eux, on parle un peu de soi, et ensuite ils peuvent s'intéresser à votre travail, et ces gens ensuite pourront vous aider à faire connaitre ou rendre visible votre travail, si vous n'êtes pas un professionnel qui vend ou présente son travail en ligne. Bref, les choses sont un peu plus complexes, mais j'ai peut-être tort.

Avatar de Emilie Delorme

Merci beaucoup pour ce commentaire, que je trouve très juste , non vous n’avez pas tort !

Oui, il y a un obstacle extérieur : les plateformes, les codes, le marché, l’attention devenue rare. Mais il y a aussi un obstacle beaucoup plus intime : accepter qu’on désire être lu, vu, reconnu, sans que cela fasse de nous quelqu’un de superficiel ou d’arriviste.

Je vous rejoins complètement sur cette idée de pureté. Beaucoup d’artistes, d’auteurs ou de créateurs veulent rester du côté du beau, du juste, du noble et c’est compréhensible mais dès qu’on parle de visibilité, de vente ou de stratégie on a l’impression de salir quelque chose. Comme si faire valoir en public son travail diminuait sa valeur, alors que cela est simplement une manière de lui donner une chance d’exister auprès des bonnes personnes.

Votre nuance est importante : “se vendre” ne veut pas toujours dire se transformer en produit. Dans beaucoup de parcours créatifs, il y a effectivement une étape humaine avant la rencontre avec l’œuvre. On s’intéresse à une personne, à sa manière de voir, à sa sensibilité, à sa cohérence puis on s’interesse dans son travail.

pour moi la distinction se fait sur est-ce que je cherche à me mettre moi au centre pour exister ou est-ce que j’accepte d’être une porte d’entrée vers mon travail ?

Et comme vous le dites très bien, rien n’est binaire ! Il y a des relations, des rencontres, des hasards, des gens qui parlent de nous avant même que “e public existe vraiment.

merci pour ces réflexions !

Avatar de À coeur ouvert officiel

J’ai beaucoup apprécié la lecture de votre article.

Ce qui m’a plu, c’est sa nuance. Vous ne présentez pas la visibilité comme une obligation, mais comme un outil au service d’un projet. C’est une distinction que je partage.

J’apprécie le distinguo que vous faites entre « se vendre » et « rendre son travail trouvable ». J’ai trouvé cette formulation très juste.

Je pense que vos conseils seront précieux pour les personnes qui souhaitent développer un projet professionnel en ligne.

Mon parcours m’amène à porter un regard un peu différent sur cette question. J’ai souvent constaté que les personnes venaient naturellement vers mon travail, sans que je cherche particulièrement à le promouvoir. C’est sans doute pour cette raison que je me reconnais dans l’idée qu’un travail puisse être découvert comme un trésor, plutôt que d’avoir à être constamment mis en avant pour exister.

Je crois comme vous qu’il existe des personnes qui viennent simplement partager, créer ou échanger, sans chercher à répondre aux codes de la visibilité. C’est probablement ce que j’apprécie le plus sur Substack. Cette plateforme laisse encore de la place à ces différentes manières d’exister. Chacun peut y trouver son équilibre, selon ses objectifs et sa personnalité.

Pour rebondir sur votre réflexion autour de l’influence, j’ajouterais que le mot « influenceur » souffre aujourd’hui d’un héritage culturel assez lourd. Entre les scandales, certaines pratiques commerciales discutables ou encore l’image véhiculée par certaines figures publiques, il est devenu chargé d’une connotation négative. Je pense d’ailleurs qu’il a largement dépassé son sens premier. Au fond, nous influençons tous quelqu’un, à une échelle ou à une autre. Pourtant, ce terme est aujourd’hui davantage associé à un métier qu’au simple fait d’exercer une influence.

Je suis curieuse de découvrir la suite de votre réflexion.

Merci pour ce partage!

Avatar de Emilie Delorme

Merci infiniment pour ce commentaire riche et constructif, Je partage votre attachement à l’idée du trésor qu’on découvre plutôt que du produit qu’on pousse. J’ajouterai simplement que essayer de rendre son travail trouvable d’une manière qui nous ressemble n’enlève rien à cette magie et cela augmente m les chances que les bonnes personnes tombent dessus.

sur l’influence, c’est très juste juste. Le mot a été abîmé par les usages, alors qu’au fond nous laissons tous une trace chez quelqu’un.

Je n’ai volontairement pas évoqué tout le passif de ce mot abîmé par la télé-réalité .. les influenceurs de dubai , les arnaques et autres scandales car c’est pour moi un sujet que tout le monde a en tête et j’ai justement essayé d’apporter autre chose sur qu’est ce que cette notion fait résonner en nous mais oui le mot influenceur nous rebute en grande partie à cause de ce passif auquel on ne veut pas être associé :)

Au plaisir de poursuivre ces conversation !

Avatar de Aurélie Alex

Dans le fait de demander à un créateur s’il est suivi sur les réseaux sociaux, j’y vois aussi une raison mercantile, un moyen détourné de mettre toutes les chances de son côté pour obtenir un succès. Ça me rappelle l’interview d’une actrice disant qu’aujourd’hui les directeurs de casting s’assurent que l’acteur ou l’actrice choisi est suivi par des milliers de followers. En l’occurrence, l’actrice en question résistait, mais elle passait à côté d’opportunités professionnelles.

Avatar de Emilie Delorme

Oui complètement c’est une sorte de « garanti » du succès pour le distributeur , éditeur ou autre … ou à défaut de garantir le succès ça minimise les risques car l’inconnu de est ce que la personne dit séduire un public est un peu moindre !

Avatar de Manon Misset

J'adore l'idée de rendre son travail trouvable. C'est surtout le terme influenceur qui donne une mauvaise image. Je préfère l'idée de faire preuve de créativité pour rendre un point de vue visible. Je crois que j'essaie de trouver l'équilibre entre montrer mon expertise, ma méthode sans me mettre au centre de la présentation mais en offrant quelque chose de personnel quand même. Je ne sais pas si c'est clair d'ailleurs ;))

Avatar de Emilie Delorme

Et comment tu te sens dans cet équilibre d’ailleurs ? Tu arrives à trouver le bon équilibre ?

Avatar de Manon Misset

C’est en explorant justement que je découvre mes repères. Mais si tu n’y mets pas un peu de toi ça reste beaucoup trop abstrait. Et tu ne réponds pas à la question pourquoi toi plus que quelqu’un d’autre je trouve. je tâtonne pour le moment car il y avait une résistance à parler de moi mais c’est aussi ça qui permet la connexion avec son audience.

Avatar de Emilie Delorme

Je comprends et ce que tu décris résonne totalement chez moi . Je tâtonne et avance comme cela et je trouve que plus je donne de moi pas forcément dans l’intime mais dans la sincérité avec moi même plus cela fait avancer ! C’est vraiment un travail fascinant je trouve du coup :) !!

Avatar de Manon Misset

Ah ca me fait tellement plaisir de te lire ! Oui c’est de la sincérité et pas de l’intime ! et c’est fascinant !

Avatar de Emilie Delorme

C’est très clair au contraire !! On peut tout à fait proposer un contenu personnel , ou on reconnaît le style et la voix de l’auteur sans forcément se montrer ou rentrer dans l’intime !

Avatar de Manon Misset

C’est exactement ça trouver une voix qui nous est propre qu’on reconnaît sans aller dans l’intime.

Avatar de Franck Azria

J'ai visé juste alors ;)

C'est ce que j'avais compris aussi.

Et j'ai l'impression qu'ici c'est plus le cas Ud dans les autres réseaux sociaux.

On se met moins en avant et ça peut marcher.

Quand on a quelque chose de différent a proposer ça change les choses.

C'est rassurant de savoir qu'on peut toujours penser comme ça et qu'on y croit ;)

Avatar de Emilie Delorme

Oui il faut y croire je suis persuadée qu’il ya d’autres manière de faire :)

Avatar de Franck Azria

“Pour ma part, je préfère essayer d’accepter la distinction entre « se vendre » qui met la personne au centre et « rendre son travail trouvable » qui met le lecteur au centre.”

J'aime bien cette distinction.

C'est un peu comme distinguer l oeuvre de l'artiste .

Est ce qu'on va voir différemment un livre si on connaît la vie d'un auteur et qu'on aime pas ce qu'il est ?

Comme tu l'a dit on va pas voir différemment un roman si on voit qu'il a que deux personnes qui le suivent au lieu de milliers.

Ça serait la même idée.

Et du coup je suis effectivement dans l'idée de d'abord mettre en avant ce qu'on propose plutôt que soit même ( même si ça fait un peu parti du processus maintenant et que j'ai du mal avec ça…)

Et que évidemment il faut se créer la visibilité et non pas attendre si on veut en vivre.

Mais on a beaucoup de cas où les œuvres sont connues sans qu'on saches grand chose sur ceux qui les ont écrit.

Intéressant en tout cas ;)

Avatar de Emilie Delorme

Merci pour ce commentaire ! La distinction œuvre/artiste est effectivement à mon sens très intéressante et peut être la clé pour survivre dans ce monde d'influence !

ta question ( est-ce qu'on lit différemment un livre si on connaît la vie de l'auteur et qu'on n'aime pas ce qu'il est ? ) est intéressante. Pour beaucoup de classiques, on ne sait presque rien des gens derrière et ça n'enlève rien à l'œuvre et toute la question est de savoir si de nos jours on peut trouver un moyen de donner suffisamment de visibilité à l'œuvre à travers nos contenus tout en ne parlant pas de l'intime de l'auteur.... personnellement j'y crois !

je te rejoins sur le "j'ai du mal avec ça" car moi aussi. Se mettre un peu en avant fait partie du processus aujourd'hui mais c'est la part avec laquelle je suis le moins à l'aise. C'est pour cela que je préfère me dire que je rends mon travail trouvable plutôt que je me vends .. je le supporte beaucoup mieux. je suis ravie que ce soit cette phrase que tu retiennes d'ailleurs car elle est la plus proche de mon ressenti dans tout l'article :)

Avatar de Benjamin Allouch

Réponse courte : non

Réponse à approfondir : oui, mais ça demande des canaux d’acquisition bien plus complexes à activer.

Se mettre en avant, qu’on aime ou pas, devient obligatoire, encore plus à l’ère de l’IA.