Comment trouver son offre quand on se lance à son compte
Je vous raconte mon expérience
Dans cet article : mon parcours en zigzag avant de trouver · les deux choses qui m’ont aidée à y voir clair · ce que j’ai découvert sur le terrain · et ce que ça m’a appris sur ce que les marques ont vraiment besoin.
Hello,
Aujourd’hui j’ai envie de vous parler du cheminement qui m’a amenée à identifier mon offre et mon identité en tant qu’entrepreneur. Parce qu’on pense souvent à tort que le jour où on se lance à son compte, on sait exactement quoi faire, quoi dire, quoi proposer et qui être, surtout quand on a un CV complet, une belle expérience dans des domaines précis, qu’on a déjà dirigé des équipes et qu’en plus on évolue dans le domaine du marketing.
Et bien non, ce n’est pas toujours le cas. Ce n’était pas mon cas.
Dans la vie, il y a deux types d’entrepreneurs : ceux qui le deviennent parce qu’ils ont une idée précise qu’ils souhaitent développer, que ce soit un produit ou un service, et ceux qui n’ont pas l’offre parfaitement définie. Ils savent, ils sentent qu’ils ont envie de construire quelque chose à eux qui leur ressemble, mais sans parvenir à mettre le doigt précisément sur le quoi ni sur le comment.
Je fais partie de la deuxième catégorie et je sais à quel point le processus peut être éprouvant et surtout incertain.
Le saut dans le vide
Pour ma part, j’évolue dans le digital depuis de nombreuses années. Après plus de quinze ans dans une grande entreprise à travailler pour une boite qui n’était pas la mienne et à diriger des équipes vers une stratégie à laquelle je n’adhérais pas toujours, j’ai commencé à ressentir le besoin de plus en plus pressant de créer mon entreprise.
Je ne savais absolument pas si je voulais faire le même métier mais cette fois à mon compte ou si je voulais reprendre une boite, ou créer une société qui vend un service ou un produit. Je n’avais aucune idée du comment, mais je sentais simplement l’envie et une énergie débordante dans les tripes : je veux construire quelque chose qui me ressemble et surtout je veux voir ce que ça donne si j’applique mes propres stratégies, mes propres idées, parfaitement alignées avec qui je suis et pas en m’adaptant à une politique d’entreprise.
J’ai donc quitté l’entreprise où je travaillais sans aucune idée précise de par où commencer.
Comme toute période de remise en question, j’ai commencé à partir dans tous les sens avec la règle du “je ne m’interdis rien”.
J’ai envisagé d’être fleuriste, puis traiteur, puis de monter une entreprise dédiée à l’art de la table, puis une marketplace de matériel de santé. Chaque fois, je me renseignais, je me retrouvais hyper excitée par l’idée, je commençais à imaginer la marque, son identité, son style, sa griffe, je faisais le business plan, l’étude de marché, parfois jusqu’à des stades très sérieux avec des enquêtes très abouties. J’ai même fait des mini-stages dans certains domaines manuels. Et puis, une fois passée cette phase de construction qui pouvait durer des mois, je perdais l’envie. L’énergie ne venait plus.
J’avais l’impression d’être dans un cercle sans fin où chaque jour amenait une idée géniale qui finissait sur le bord de la route.
Les deux choses qui m'ont aidée à y voir clair
Alors j’ai fait deux choses pour que tout ça me serve :
La première : j’ai mis toutes ces expériences par écrit pour essayer de trouver le dénominateur commun. Il y avait forcément un lien entre tous ces projets qui avaient suscité autant d’excitation pendant des mois, non ?
Et oui ! Après les avoir écrit, l’histoire se dessinait de façon évidente. Ce que j’aimais, c’est la construction. Le moment où une marque doit trouver qui elle est, affirmer son identité, se différencier sur un marché saturé ou au contraire encore émergent. En y réfléchissant, tous les projets dans lesquels j’avais excellé pendant mes années de salariat étaient effectivement des projets où il fallait innover, construire, bâtir et développer. La pérennisation m’avait toujours ennuyée, je la savais nécessaire, mais ce n’était tout simplement pas là que mon énergie se décuplait.
La deuxième : forte de ça, j’ai arrêté de vouloir trouver un projet à tout prix et décidé de rester dans ma branche (le digital, le marketing), le domaine où j’avais toujours été reconnue pour mon expertise. Mais là encore, ce n’était pas si évident. Le marketing ? C’est large. Le digital ? Encore plus. Et je ne fais pas partie de ces gens qui ont fait de la pub payante toute leur vie et qui peuvent donc se dire naturellement “ok, je me lance en freelance spécialisé en paid media.” Non. Les projets sur lesquels j’ai travaillé ont mobilisé des compétences très variées, et mon dernier poste ne s’appelait pas “responsable marketing” mais “responsable de la performance commerciale”, ce qui veut dire concrètement : peu importe le moyen, la marque, le paid media, le SEO ou l’animation commerciale, comment fait-on pour atteindre et développer le chiffre d’affaires. Une compétence riche et exigeante qui me semblait, au moment de la formuler, finalement trop vague et pas assez concrète. Un comble, non ?
C’est ce constat qui m’a poussée à prendre la meilleure décision possible : me mettre en action.
Le terrain : depuis toujours ma meilleure école
Tester tout ce que je maîtrisais, brique par brique et faire le tri.
J’ai contacté des start ups dans des univers très différents et proposé mes services, mon objectif était alors de trouver le croisement entre ce que je m’éclatais à faire et ce dont les entrepreneurs en face avaient vraiment besoin.
J’ai travaillé pour une marque de compléments alimentaires, pour un lancement de produit merchandising dédié à l’univers du vin et pour une marque de glace et bien d’autres …
Et j’y ai découvert à chaque fois deux besoins et deux problématiques récurrentes. Ils avaient tous construit quelque chose de sérieux et très professionnel. Ils connaissaient leur métier mieux que quiconque, leur site internet était très bien fait. Pour la plupart, ils avaient commencé à investir en publicité sur Meta et en voyaient les résultats, mais se retrouvaient finalement assez dépendants de leur budget publicitaire.
À force de tester, creuser, analyser, voici les deux besoins essentiels à une jeune marque qui a la sensation de stagner après l’euphorie des premiers résultats :
1 — Une marque qui ne les représente pas vraiment. Ce que je veux dire par là : qui sont-ils ? Quelles sont leurs convictions ? Leur façon singulière de voir les choses, leur identité me semblait évidente quand je leur parlais, mais ne se voyait pas sur leurs supports.
2 — Google ne les connaissait pas, les IA ne les citaient pas et si leur campagne paid media avait globalement de bons résultats, leur trafic organique était insuffisant.
Alors voilà où j’en étais… Je devais avant tout les aider à définir leur véritable identité, leur patte, leur griffe, leur truc à eux (et je ne parle pas de design ici, mais de discours, de cohérence et de constance pour que ce qu’ils étaient déjà se remarque enfin) et une fois que la signature était évidente, il fallait la diffuser, un peu partout, créer une toile d’araignée qui empêche quiconque de passer à côté.
Alors me voilà. Moi qui avais toujours aimé écrire, construire, bâtir, je savais comment mettre en forme le récit que les gens pouvaient défendre en réunion pour le dire à voix haute sans avoir l’impression de réciter un script.
Cela a pris du temps, presque 1 an et demi de test et d’apprentissage mais j’ai fini par créer mon agence. C’est devenu LadN, un studio de stratégie de marque et de visibilité pour les marques. Et j’ai décidé, sans compromis, de ne travailler que sur des projets qui ont du chien.
Concrètement aujourd’hui je fais quoi ?
Je travaille en deux temps.
D’abord, je trouve ce qu’une marque a vraiment à dire. je ne parle évidemment pas d’un positionnement de comité ennuyeux mais bien d’identifier et faire émerger une conviction réelle, un point de vue, ce qui rend un fondateur inoubliable quand il parle de ce qu’il fait. Ce travail donne une plateforme de marque, une big idea, un ton de voix, un discours identifiable.
Ensuite, c’est essentiel de connaître sa voix, mais il faut la diffuser donc je m’assure que cette voix est entendue par les humains et par les algorithmes. SEO, GEO : je construis la présence qui fait que les bonnes personnes trouvent la marque et que les IA la citent sans halluciner.
Ces derniers mois je travaille, entre autre, pour une startup en biotechnologie qui est un terrain de jeu merveilleux pour explorer le potentiel du sujet GEO. Les résultats sont concrets et j’ai hâte de voir comment ce territoire va continuer à se transformer dans les mois qui viennent.
Et le plus fantastique dans tout ça ? Beaucoup s’inquiètent de l’arrivée de l’IA pour leur métier, sur le fait d’écrire des stratégies, des discours de marque. Mais quand on voit tous ces discours de marque IA-tisés, lissés, polissés, ennuyeux à souhait … et ces discours ? Même l’IA n’en veut pas. Elle veut du vrai, du singulier, du remarquable. Je trouve absolument génial le fait que dans ce cercle vertueux il faille se servir de l’IA pour porter sa voix, mais qu’elle-même refuse les marques qui n’ont rien de mieux à dire que ce que ChatGPT ou Claude leur propose.
Je fais donc les deux ensemble parce que l’un sans l’autre n’a selon moi aucun sens.
Et aussi parce que j’adore la tech et tout ce que cela permet, mais j’aime encore plus l’humain, l’intuition et les discours qui ont du chien.
waf.
Emilie



Alors bravo parce que d’une part tu racontes parfaitement les doutes qui nous envahissent quand on tâtonne pour trouver son positionnement en tant que baby entrepreneur.
Et bravo ensuite parce que tu expliques parfaitement ta valeur ajoutée. Je fais aussi de la stratégie de communication, et c’est très difficile de faire comprendre l’intérêt d’une stratégie à quelqu’un qui n’a pas encore expérimenté le coût du flou.
J’ai beaucoup aimé ton article parce qu’il remet un peu de nuance sur quelque chose qu’on montre rarement, le fait qu’on ne sait pas forcément exactement quoi proposer au moment où on se lance.
On idéalise souvent les parcours entrepreneuriaux, comme s’il y avait eu une évidence dès le départ. Alors qu’en réalité, il y a souvent beaucoup de tests, d’allers-retours, de doutes et de resserrages progressifs (et là c'est mes 5 ans d'expérience de chargé d'affaires en banque qui parle)
Pour moi, et comme tu l'as très bien dit dans l'article, une offre peut aussi émerger et se clarifier petit à petit à force de tests, d’expérience et de terrain.