Comment j'ai trouvé ma ligne éditoriale alors que j'ai envie d’écrire sur tout
La méthode qui m'aide à arrêter de m'éparpiller appliquée à mon propre cas.
Dans cet article : Pourquoi je ne considère pas que vouloir écrire sur tout est problème, une méthode en quatre étapes pour trouver les grands thèmes de sa newsletter, comment je l'ai appliqué à mon propre cas et pourquoi vos centres d'intérêt les plus personnels peuvent également trouver sa place dans vos écrits.
Est-ce que ça vous est déjà arrivé de passer une heure à essayer de définir votre ligne éditoriale, de vous dire “ok j’y suis, j’ai trouvé !”, pour finalement ouvrir une page blanche le lendemain avec une envie folle d’écrire sur à peu près tout sauf ce que vous aviez prévu ? Une recette, un poème, une conversation qui vous a marqué …. et de vous demander si tout ça rentre quelque part ou si vous êtes juste en train de vous éparpiller ?
Je ne sais pas pour vous, mais moi ça m’arrive tout le temps.
Pendant des semaines, j’ai essayé de me tenir à une ligne éditoriale propre, et cohérente. La stratégie de marque d’un côté, l’écriture, le personal branding, le SEO/GEO par là…. Sujets qui me passionnent professionnellement mais qui ne me définissent pas personnellement.
Tout cela est très bien sur le papier, sauf que moi j’adore écrire, j’aime écrire sur tout, sur rien et surtout écrire selon mon inspiration , je suis incapable de tenir un planning de contenu. Il y a probablement certaines personnes pour qui cela marche mais pas pour moi. Je me retrouve donc régulièrement à avoir envie dans mes notes de parler d’un roman, d’un texte, d’un sujet qui m’a traversé l’esprit, d’un truc qui s’est passé avec mes enfants…
A chaque fois, je me disais, mais qu’est-ce que ça vient faire là dedans, est-ce que je ne suis pas en train de me disperser, de perdre mon lecteur, de ne jamais ressembler à rien de sérieux ?
J’ai donc bien étudié le sujet pour tenter d’apporter une réponse à cette question.
En réalité, tout ce qui me donne envie d’écrire est ce qui nourrit mon quotidien et ce qui nourrit mon quotidien traduit ma façon de voir la narration et le branding entre autre.
Je suis persuadée que c’est précisément cela qui fait que nous sommes tous uniques dans nos activités.
10 personnes peuvent proposer exactement la même offre, aucune ne va avoir la même vision ou le même angle d’approche (sauf ceux n’utilisant que Claude et chatty haha petite punchline au passage c’est cadeau ;) ).
Je suis convaincue que ce qui fait notre personnalité, notre univers qui nous est propre et ce qui fait qu’on va avoir plus de feeling envers une personne plutôt qu’une autre y est directement lié.
En résumé, non je ne m’éparpille pas, je me nourris.
Ce que j’ai envie de construire ici, dans cet espace, c’est creuser ce chemin ensemble qui permet d’affiner son écriture, affiner son histoire, affiner son discours, cette capacité à trouver le récit juste, à sentir ce qui sonne vrai. Certes, cela dans une optique de marketing, d’identité, d’autorité en ligne, mais cette inspiration vient de tout ce que j’absorbe au quotidien, pas seulement de ce que je maîtrise professionnellement.
Néanmoins, pour traduire son univers il faut rester lisible donc si je confirme que nous avons le droit d’aborder différents sujets, à priori considérés, hors cadre de notre ligne éditoriale, il faut néanmoins que ces sujets restent liés à nos grands “piliers de contenu”.
C’est quoi exactement des piliers de contenu et pourquoi est ce important de les définir.
Récemment, je suis tombée sur un article d’Olivia Wickstrom, une coach américaine qui vit dans le sud de la France et qui gagne sa vie grâce à sa newsletter. Elle parlait des piliers de contenu, ce terme un peu marketing (très connu dans le monde du SEO) qui fait peur au premier abord, comme si on allait devoir s’enfermer dans une niche et ne plus jamais en sortir.
Sa façon de le présenter était interessante. Pour elle, les piliers ne sont pas des cases dans lesquelles on se coince, ce sont de grandes boîtes dans lesquelles on range ce qui nous anime vraiment, avec un fil invisible qui les relie toutes.
Trouver ce fil permet que des sujets apparemment sans rapport finissent par former un univers cohérent et reconnaissable.
Comment trouver ses grands thèmes de publication en quatre étapes
Sa Méthode tient en quatre étapes.
Étape 1 : Vider son sac. Noter absolument tout ce dont on a envie de parler sans trier : les lectures, la cuisine, les réflexions du matin, les coups de gueule, les souvenirs, l’IA, le marketing, la psychologie… Bref, pas de filtre à cette étape !
Étape 2 : Le test de la durée. Pour chaque sujet, se demander si on aurait encore des choses à dire après dix articles ? On barre ce qui semble éphémère et on entoure ce qui reste.
Étape 3 : Écouter ses vraies conversations. Pour quels sujets vient-on vous chercher ? Qu’est-ce que vous lisez en dehors du travail ? Quel sujet revient de façon récurrente dan vos conversations ?
Étape 4 : Regrouper en deux à quatre grandes boîtes. On ne cherche pas des niches mais des territoires d’expression.
Voici comment j’ai appliqué cette méthode et trouvé mes propres territoires
J’ai pris mon carnet et j’ai écrit au centre d’une page mes grands territoires et autour mes sujets “satellites” qui correspondent à tout ce qui me donne envie d’écrire sans forcément savoir où ça rentre.
Les sujets principaux : identité de marque, personal branding, écriture/ narration et un espace que j’appelle “mon carnet d’inspiration”.
Les satellites : les livres, la psychologie, la poésie, les inspirations Pinterest, les success stories de marques, les personnalités qui s’assument, parfois des sujets d’actualité…
Certains liens sont évidents. Les success stories de marques nourrissent mon regard sur l’identité. La psychologie nourrit ma réflexion sur le personal branding. Les romans et la poésie nourrissent mon écriture. D’autres liens sont moins rationnels, plus intuitifs mais c’est précisément pour cela qu’ils ont leur place ici.
Pourquoi vos centres d’intérêt les plus personnels ont leur place dans votre ligne éditoriale
Ce fil invisible relie des sujets qui n’ont a priori rien à voir entre eux. Tout ça cohabite sans se contredire, parce que tout cela traduit la même façon de voir les choses, la même sensibilité, le même goût.
Il y a deux façons de construire une newsletter.
Vous pouvez créer quelque chose de type masterclass, ultra structuré, carré, dans lequel vous restez strictement dans vos cases et ne parlez que de votre sujet. Dans ce cas votre contenu doit être irréprochable, concret, tel un cours magistral que l’on paierait pour suivre.
Si un sujet précis et particulier vous anime alors c’est parfait pour vous.
Ou vous pouvez créer quelque chose qui véhicule une émotion envers votre contenu et petit à petit envers votre personne. Ce chemin sera peut-être plus long mais il vous ressemblera entièrement.
Les deux formats existent et les deux peuvent fonctionner, tout dépend de ce que vous voulez.
Personnellement, je ne suis pas sur Substack pour proposer des leçons de marketing digital. Pourtant, après 15 ans chez un leader du e-commerce et dans des start up levant des fonds, je pourrais et je me sentirais légitime pour le faire. Je ne dis pas que je ne veux pas partager mes connaissances, bien au contraire mais j’ai envie de le faire différemment. Pas froidement.
À travers mes retours d’expérience, mes inspirations quotidiennes, ce que je vois, ce que j’observe, ce qui fait mon univers personnel alors même qu’il est professionnel.
Mon univers de marque, c’est mon univers tout court.
Emilie



Je vous remercie pour votre article qui m'a éclairé de manière implicite sur un sujet qui n'aurait rien à voir de prime abord, mais qui est lié en réalité. J'ai l'impression que la question de la ligne éditoriale est liée à une peur inconsciente de ne pas être lu. Et du coup, au fond de nous, on en vient à chercher inconsciemment à chercher une ligne éditoriale rassurante qui rentrerait dans une case et qui correspondrait à ce que les gens voudraient vraiment sur Substack, au-delà de ce dont on voudrait vraiment parler soi-même sur notre newsletter.
Sauf, que dans ce cas c'est le serpent qui se mord la queue. J'ai réalisé que l'intérêt de Substack c'est d'une certaine manière de recruter une armée d'auteurs qui créeront du trafic et des abonnements. Ainsi, tous les articles parlant de Substack ou de la création de newsletter sont plus mis en avant. Donc, chacun d'entre nous est à la recherche d'astuces pour réussir à s'y retrouver sur Substack et pour réussir à faire marcher sa newsletter. Mais, il y a un truc tordu qui s'opère, c'est que les gens ayant appris des choses dans ses articles, se mettent eux-mêmes à parler de Substack ou de toutes les choses qui permettent de réussir sa newsletter. Si bien que la ligne éditoriale de base qu'ils avaient, ne reposera plus sur ce qu'ils veulent, mais plutôt sur ce que le public veut sur Substack à un instant donné.
Et le problème est que sur Substack, la majorité d'entre nous, voulant comprendre comment marche réellement Substack et comment réussir dessus. Sauf que la réussite sur Substack repose sur le fait de donner des astuces à tous ceux qui voudront créer du contenu sur Substack (écriture, branding, marketing, copywriting. Donc, c'est le serpent qui se mord la queue. Des contenus d'astuces et de formation d'une certaine manière, qui vont accoucher d'autres personnes qui feront la même chose, à savoir proposer des astuces et formations. Ainsi, c'est une peu comme une entreprise qui règle un problème immédiat. Ce qui veut donc dire que Substack ne pourra pas remplir la mission de plateforme d'écriture, destinée à la base pour les journalistes, les auteurs, artistes... Ce n'est donc pas destiné à (l'heure actuelle) aux créatifs, artistes, intellectuels, auteurs... Mais j'ai peut-être tort.
Je pense que chacun d'entre nous a son univers interne et sa vision du monde, et que ce qui les compose est, par définition, lié.
Dans un monde qui cherche à stratégiser nos essences, je pense que la difficulté n'est pas de les identifier, mais d'oser les partager. D'oser les exposer dans l'espoir qu'elles transmettent quelque chose, qu'elles résonnent chez d'autres, sans se sentir censuré.
À chaque fois que l'on me demande de définir mon univers, je suis comme paralysée. Je viens à peine de commencer à vivre pleinement mon identité plurielle. Réduire, catégoriser, sérier revient parfois à enfermer.
C'est bon de rappeler que nous vivons dans un monde où les lignes éditoriales de nos vies et de nos expériences n'ont pas forcément vocation à entrer dans des cases, à être enfermées. Il y a quelque chose de beau dans les personnalités qui évoluent, changent et se transforment au gré de leur curiosité et du contact avec la pensée de l'autre.