17 Commentaires
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Avatar de Séverine Roussel

Utilité et voix, ce sont exactement mes deux entrées.

Mais il y en a une troisième que je vis très fort et que je n'arrive pas à ranger dans tes quatre catégories : l'évasion.

Pas apprendre, pas suivre quelqu'un, juste être emmenée ailleurs. Une phrase qui ouvre une porte, un peu de poésie, une curiosité qui se réveille sans qu'on lui ait rien demandé.

Je crois que ça touche à la voix, mais ce n'est pas tout à fait pareil. La voix, c'est j'aime comment tu penses. L'évasion, c'est j'aime où ça m'emmène.

Peut-être une cinquième promesse à creuser.

Avatar de Emilie Delorme

Oui je vois de quoi tu parles mais est ce que tu as un exemple de compte en tête que tu suis et que tu mettrais en évasion. Je ne sais pas si cela mérite une cinquième ou s’il faut élargir la voix en vision ou angle de vue car je ne suis pas sûre que tu t’évades uniquement pour le contenu proposé mais aussi par le regard porté par l’auteur sur ce qu’il

Propose … si t’as des exemples je veux bien en tout cas pour creuser :) merci Séverine 🙏

Avatar de Séverine Roussel

Oui, deux exemples m'emportent : Motumi et Les glaneurs de rêves.

Motumi, ne signe pas les textes, elle les trouve 😉. Cette impression ne pas savoir qui a écrit ce que je lis, ni d'où ça vient. Ça retire l'ancrage habituel, un auteur, une intention, et ça me laisse flotter dans le fragment pour lui-même

Les glaneurs de rêves. Je ne suis pas entrée pour apprendre ni pour suivre quelqu'un de précis, je suis entrée pour me mettre à l'abri dans les détours de quelqu'un d'autre vers ses rêves.

Dans les deux cas, ce n'est ni la compétence ni la personnalité affirmée qui m'a emportée. C'est l'absence de destination annoncée. Je ne sais pas ce que je vais en retirer, et c'est exactement ça qui ouvre la porte.

Bon... au passage la fonctionnalité pour tagguer les auteurs sur le portable est insupportable. Je n'ai pas réussi à le faire, j'abandonne 😉

Avatar de Emilie Delorme

ok je vois pour moi ce sont clairement des comptes que je mets dans la catégorie voix. Si je prends les glaneurs de rêves par exemple (que j'adore), elle fait patie des gens donc l'émotion se dégage quand tu la lis. tu la lis et tu croirais presque l'entendre te souffler ses relfexions. elle dégage une sensibilité, un regard sur les choses qui lui est propre. pareil pour Motumi... et je comprends ton idée d'évasion mais on s'evade grâce à la voix qui porte le sujet avant le sujet traité lui même.

Avatar de Séverine Roussel

C'est pas faux. Je plussoies. 😉

Avatar de Bruno T

Merci pour ce post !

De mon coté, je n’ai pas de règles quand je m’abonne ! Coup de cœur et abonnement direct. Recommandation + petite enquête sur le profil et derniers posts. Commentaires + la même chose.

Par contre, régulièrement, je revois mes abonnements et je me désabonne. Souvent, ce sont des comptes qui ont arrêté de publier. Quelques désabonnements car le sujet ne m’intéresse finalement pas.

Avatar de Emilie Delorme

oui je faisais un peu pareil mais plus le temps passe plus je dois être selective car en revanche, je ne me désabonne que rarement donc les contenus s'empilent :)

Avatar de Angle Mort

Merci pour cette analyse. Dans un univers où les contenus ne manquent pas, la promesse de la suite devient presque aussi importante que le contenu lui-même. Ça fait réfléchir à ce qu’on promet, au-delà de ce qu’on publie.

Avatar de Emilie Delorme

avec plaisir et merci pour ton commentaire. c'est précisément le point de l'article (si on veut des vrais abonnés qualifiés en tout cas) de faire attention à la promesse à chaque publication :)

Avatar de The Aligned Shift

Il y a une phrase dans ta quatrième promesse qui dit ce que nous tentons d'articuler depuis le début des The Aligned Shift : « Un contenu peut provoquer la rencontre sans provoquer immédiatement l'abonnement. » C'est exactement ce que j'appelle la résonance.

Les coachs, mentors et praticiens que nous réunissons dans Le Magazine ne sont pas choisis pour ce qu'ils savent, mais pour ce que leur vécu transmis fait naître en nous (comment nous en discutions, de mon compte perso). J'ai fondé l'espace sur cette intuition, et ton enquête la documente avec la précision qui lui manquait chez nous. La promesse de voix que tu décris si bien, est en fait quelque chose qui n'apparaissait pas dans nos signatures. Je l'ai immédiatement rajouté dans la signature de toutes les Voix de la maison. :)

Merci pour cet éclairage! Audrey

Avatar de Henrik Nourry

J’admire ton esprit d’analyse Émilie. C’était enrichissant de te lire. Merci

Avatar de Emilie Delorme

Oh merci 🙏 tu ne peux pas savoir à quel point ta remarque me fait plaisir ☺️! Merci !

Avatar de Aurélie Alex

Je trouve aussi que c’est un acte tellement intime l’abonnement à une newsletter que parfois, le coup de cœur ne s’explique pas rationnellement. Il m’est arrivé de m’abonner parce que je trouvais simplement le nom de la newsletter géniale ou parce que j’aimais le style d’écrire même si le sujet ne me passionnait pas du tout. Et puis, par esprit de contradiction, je lis toujours avec un esprit critique acéré les newsletters qui cartonnent (je parle des stars Substack) et au final, c’est très rare que je m’y abonne.

Avatar de Emilie Delorme

Oui le style d’écriture pour moi correspond à ce que j’appelle la promesse de la voix d’avoir juste envie de lire cette personne sans raison particulière autre que le plaisir de lire cette personne . Je suis abonnée à pas mal de newsletter pour cette raison par ici moi aussi ! Et pour les coups de cœurs isolés et spontanée j’en ai pas mal aussi mais finalement je me rends compte que bien souvent je deviens pour l’auteur un abonné fantôme car je ne lis pas forcément derrière…

Avatar de Rankh Revaza

perso je trouve que le cerveau humain a une limite sur ce qu'il peut supporter. On est abonné à tellement de choses aujourd'hui, on paie aussi tellement d'abonnement en tout genre, que l'acte même de s'abonner, devient inconsciemment anxiogène et nous demande beaucoup d'énergie.

Au fond, je me demande qu'est-ce qui est le plus intéressant ou naturel sur Substack, est-ce de s'abonner à la newsletter, ou est-ce de follow la personne ? Mon point de vue n'est peut-être pas pertinent, mais j'ai cette impression qu'en s'abonnant à une newsletter, on se réserve la possibilité de ne pas la lire si on ne le souhaite pas, ce n'est pas un engagement très fort, car on peut se protéger dans sa bulle sans se laisser toucher par le contenu de la newsletter, tant qu'on n'aura pas cliqué dessus.

En revanche, quand on follow quelqu'un cela veut dire, que dans notre feed on accepte d'être exposé à la pensée de cette personne dans toute son entièreté, c'est-à-dire, que ce soit par ses notes ou sa newsletter, si bien qu'on n'a plus besoin de s'abonner puisqu'en suivant déjà la personne, on ira lire ensuite en supplément si on le veut sa newsletter, en fonction de notre forme ou niveau d'attention du moment. Evidemment, c'est un point de vue très discutable.

Avatar de Emilie Delorme

Je trouve ton point de vue très intéressant parce que tu inverses la hiérarchie que j’avais en tête :). J’aurais tendance à voir le follow comme le lien le plus léger : « je veux te garder dans mon radar » et l’abonnement comme un geste plus intentionnel : « je t’autorise à entrer dans ma boîte mail ».

Mais tu as raison sur un point auquel je n’avais pas pensé c’est que l’exposition n’est pas la même. Un mail peut rester fermé et invisible , on peut l’ignorer facilement alors que Suivre quelqu’un, c’est accepter de croiser régulièrement sa route dans son feed, parfois …

Donc, peut-être qu’on oppose deux formes d’engagement : l’abonnement engage davantage l’intention, le follow davantage l’attention. Hmmm merci c’est vraiment intéressant à creuser !

Avatar de Rankh Revaza

Je suis d’accord avec ce que tu dis sur l’intention et l’attention. Maintenant, si on prend du recul, en tant qu’humain, nous sommes dans des relations sociales. Pour moi, ce qui est au-dessus, c’est l’interaction, le lien et la relation. L’engagement qui repose sur l’intention est lui, occasionnel, et nous coute moins cher, voire, il n’est pas fiable, car on s’y tient rarement jusqu’au bout.

On peut se retrouver à avoir plein de lecture en attente sur des newsletters, et pourtant on est techniquement abonné à la newsletter en question. En revanche, si tu suis quelqu’un, la personne n’est pas en attente ou relégué à nos taches à faire pour plus tard. On est en contact ou en interaction avec la pensée quotidienne ou régulière de la personne. Les deux formes d’engagement ne s’opposent pas. Je dirai que l’engagement (newsletter) c’est le fleuve ou la mer. Et l’engagement (follow), c’est la rivière ou le petit cours d’eau. L’un peut nous amener à l’autre, même si tout dépend de chacun. Evidemment, cet avis est fragile, et il est possible, que j’ai des angles morts.