Ne servez pas la soupe, laissez-les cuisiner
Pourquoi vos lecteurs ignorent vos conseils pourtant pertinents ?
Vous vous êtes saigné. Quatre heures de sueur sur le clavier, le cœur sur la table, pour accoucher du guide parfait. Le contenu est béton et pourtant personne ne réagit, personne ne bouge..
A l’image de notre société où tout est devenu accessible trop facilement, le marketing moderne est devenu une maison de retraite. On veut du lisse, du mou, du pré-mâché. On vend la fluidité du parcours et le sans effort comme la règle N°1 à respecter.
Quelle erreur. Quelle paresse… quel ennui !
À force de vouloir mâcher le travail de vos lecteurs, vous en faites des spectateurs amorphes. Vous leur servez une soupe tiède et vous vous étonnez de ne pas les avoir marqué ? Le prêt-à-penser est le tombeau de l’attention. Et ce tombeau sera votre tombeau ! (qui a la ref ? )
Et si on mettait l’étagère de travers ?
La science a un nom pour cela : l’Effet IKEA.
En 2012, les chercheurs Norton, Mochon et Ariely ont fait trembler nos certitudes. Ils ont mis des boîtes de rangement entre les mains de deux groupes.
Le premier groupe reçoit la boîte toute montée.
Le second doit l’assembler.
Le verdict est sans appel : les bâtisseurs valorisent leur boîte 63 % de plus que les simples consommateurs. Ils sont prêts à payer plus cher pour un objet qu’ils ont eux-mêmes fait naître. L’effort n’est pas un obstacle, il crée de la valeur.
Dans la création de contenu, c’est le même combat. Si votre lecteur ne transpire pas un peu sur votre texte, il ne l’achète pas. Il ne se l’approprie pas. Il n’est qu’un passant qui passera aussitôt sur d’autres contenus que les vôtres.
L’effort est valorisant
Il faut tuer un mythe : celui du zéro friction. Attention, ne confondons pas tout. Un texte illisible ou une page lente, c’est de la négligence. de nos jours c’est presque une insulte au lecteur. j’aime beaucoup trop l’UX pour ne pas offrir un parcours sans aucune faute.
Mais la difficulté désirable en revanche c’est autre chose. On se parle ici de l’art d’obliger le cerveau à s’arrêter, à traiter, à transformer l’info.
C’est la différence entre une publicité qu’on subit et une idée qu’on adopte.
Mon avis est tranché : le lecteur n’est pas un assisté, c’est un partenaire. Si vous lui donnez tout, vous ne lui donnez rien. Donnez-lui une structure, une base solide, un cadre... et laissez-le poser la dernière brique.
🔎 Votre seconde de vérité
Arrêtez de lire. Réfléchissez. Prenez votre dernier argument de vente. Si vous deviez le transformer en une seule question qui force votre client à trouver lui-même le bénéfice de votre produit, quelle serait-elle ?
Faites-le. C’est là que le déclic se produit.
Du Copier-Coller au Coup de Génie
Regardez les prompts ChatGPT qui inondent vos réseaux. C’est la mort du style, le triomphe du vide.
Le copier-coller ne crée aucune adhésion. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas d’âme, pas de sueur, pas de participation ni d’appropriation.
Pour engager, utilisez le principe du Scaffolding. autrement dit bâtissez l’échafaudage mais laissez le lecteur peindre les murs. Donnez-lui un modèle à trous, forcez-le à injecter ses propres chiffres, ses propres peurs, ses propres problèmatiques.
Le Passage à l’Acte : La méthode en 3 étapes
Pour que vos textes cessent d’être des monologues et deviennent des victoires, suivez ce plan :
Créez le manque : Ne donnez pas la conclusion. Amenez le lecteur au bord du gouffre et laissez-le sauter tout seul.
L’outil, pas la solution : Ne donnez pas le meuble, donnez la clé Allen. Proposez des exercices de 30 secondes, des cases à cocher, des réflexions à mener.
Vendez l’effort : Soyez honnête. Dites-leur : “Réfléchissez à ceci maintenant car c’est ainsi que vous allez doubler vos résultats.”
à retenir : La facilité est une illusion qui s’oublie. L’effort est une émotion qui reste. Pour être mémorable, ne soyez pas simple, soyez impliquant.
Emilie


