+796% d'audience sur les IA : Bienvenue dans l'ère du GEO
Être ou ne pas être cité - La vie après Google Série en 6 articles
L’audience sur les IA a progressé de 796% en deux ans. Les visiteurs qu'il génère convertissent à 14% en moyenne, contre 2,8% pour le trafic organique provenant des moteurs de recherche classiques. Et la plupart des marques n'apparaissent dans aucune réponse.
Dans cet article, je parle de : ce qui change quand la recherche devient synthèse, les chiffres qui posent le problème et cinq questions à poser à ChatGPT maintenant pour savoir où vous en êtes.
Bonjour,
Ceux qui me suivent savent que je défends les identités de marque fortes, les discours qui ont du chien et que je lutte activement contre les identités pondues et écrites par une IA . Tout cela reste vrai mais sur ce qui concerne la diffusion du message, je suis passionnée par ce que les outils d’IA permettent et il serait dommage de regarder cette révolution depuis le trottoir d’en face.
Alors avant toute explication, je vous invite à faire un test.
Même si vous avez un beau site, des clients contents, quelques avis Google et une bonne position google: posez une question un peu vague à ChatGPT, Gemini ou le modèle de votre choix sur votre secteur, et regardez ce qui ressort.
J’ai fait le test pour vous.
Franchement j’avais presque envie d’arrêter mon article ici tellement cet exemple est parlant, tellement l’illustration est intéressante.
Evidemment, on me parle de Magnum et Ben & jerry’s, ok ils sont leader, ont d’énormes budget marketing jusque là zero surprise.
Mais Glace moustache ? Marque bretonne de Saint-Malo citée par une IA ? ou Floup ? ou California bliss qu’est qui pousse une IA à citer ces marques là plutôt que d’autres ?
Soyons claire : je n’ai pas de moustache, je n’habite pas à saint Malo , je ne suis pas bretonne et d’ailleurs je ne mange même pas de glaces.
Pourtant, lorsque je tape “marque de glace” dans Google, Glace Moustache arrive tout en bas de la page 1, et aucune trace de Floup ou California Bliss.
C’est précisément cela que j’ai envie d’aborder avec vous au cours d’une série de 5 articles : le référencement à l’ère de l’intelligence artificielle sous toutes ses formes.
Car voilà la démonstration de ce qui se passe en ce moment sur le marché de la visibilité. La recherche change de mains : les gens tapent leurs questions dans ChatGPT, Gemini ou Perplexity au lieu de Google. Et ces outils ne leur donnent plus une liste de liens, ils leur donnent une réponse. Avec des noms, des recommandations, des marques.
Cela peut être soit les vôtres... soit celles de vos concurrents.
Le chiffre qui mérite votre attention
L’usage et le volume de recherche sur les plateformes d’IA générative ont progressé de 796% en deux ans, selon une mesure publiée par WebFX en 2025 sur des millions de requêtes analysées.
Et ce trafic convertit à des taux que le référencement naturel classique n’a jamais atteints :
Google classique : Une visite génère une conversion dans 1,76 à 2,8% des cas.
ChatGPT & Co : Une visite génère une conversion dans 14,2% des cas (et jusqu’à 15,9% selon les secteurs).
(Sources : Seer Interactive, 2025 ; données croisées oscar-referencement.com, 2026.)
Ce que l’IA fait à la place de Google
Ces dernières décennies, la logique était rodée, il fallait produire du contenu, obtenir des liens, grimper dans les résultats de recherche. Le jeu consistait à figurer dans une liste classée. On appelait ça le SEO, le référencement naturel, et les règles sans être figées ni les plus simples étaient à minima connues.
Mais je tiens à régler dès ce premier article un sujet qui fait parfois débat : Le SEO n’est pas mort ! il reste même la fondation. Le GEO est ce qu'on construit dessus et les deux ne jouent pas dans le même espace. Ce qui est vrai c’est que les recherches sur les moteurs de recherches vont petit à petit baisser au profit des recherches via les IA mais cela ne remet en rien en jeu, la stratégie technique et contenu d’un bon SEO.
La logique qui s’installe désormais est différente. Les grands modèles de langage (ChatGPT, Gemini, Perplexity) ne classent pas des pages : ils synthétisent des réponses. Ils lisent le web, découpent les contenus et assemblent une réponse qui cite des sources ou pas.
Dans le monde du SEO, on avait une blague de geek de dire que la page 2 était le meilleur endroit pour cacher un cadavre … Sur ChatGpt, Il n’y a plus de page 2.
Un autre fait marquant est le peu de chevauchement entre les deux mondes : seulement 12% des URLs citées par les IA figurent dans le top 10 des résultats Google sur la même requête. Et 80% de ces citations proviennent de pages qui ne rankent nulle part dans les 100 premiers résultats organiques. (Ahrefs, étude sur 15 000 requêtes, août 2025.).
Ce sont deux marchés de la visibilité qui divergent. L’optimisation pour les moteurs génératifs également appelé le GEO, pour Generative Engine Optimization (ou le AIO), désigne tout ce qu’on fait pour exister dans ces réponses et la plupart des marques n’ont encore pas commencé.
Ce que ça change pour votre marque
Si vous êtes fondateur d’une activité, avec des clients et une réputation construite sur le terrain, vous avez peut-être un problème : votre marque est connue dans votre réseau, mais invisible pour les machines qui vont orienter les décisions d’achat des prochaines années.
La question que vos futurs clients posent à ChatGPT ne ressemble pas à votre nom dans un moteur de recherche. Elle ressemble plutôt à :
“Quel cabinet de [votre métier] à [votre ville] a l’air sérieux et transparent sur ses prix ?”
“Je cherche un prestataire en [votre domaine] avec une vraie expérience, tu as des recommandations ?”
Ce sont des requêtes qui font en moyenne 60 mots sur ChatGPT, contre 3,4 mots sur Google (Similarweb / Semrush, 2025). Si votre marque n’est pas dans la réponse, elle n’est pas dans la course.
Le test des 5 questions
Avant de lire la suite de cette série, faites le test vous-même. Ouvrez ChatGPT, Gemini ou Claude (idéalement les trois, les résultats varient selon les modèles) et posez ces cinq questions une par une. Notez ce que vous trouvez, et surtout ce que vous ne trouvez pas.
Question 1 : La visibilité locale ou sectorielle
« Qui sont les meilleurs [votre métier] à [votre ville ou votre secteur] ? » Votre nom apparaît-il ? Avec quel niveau de détail, dans quel contexte, avec quelle formulation ?
Question 2 : L’existence d’entité
« [Votre nom de marque] — est-ce que tu connais cette entreprise, qu’est-ce qu’elle fait ? » L’IA vous identifie-t-elle ? Ce qu’elle dit est-il exact, partiel, ou simplement inventé faute de sources ?
Question 3 : La recommandation en contexte
« Je cherche un prestataire en [votre domaine] pour [le problème type de votre client idéal], tu as des recommandations ? » Vous n’êtes pas cité ? Qui l’est à votre place ?
Question 4 : L’autorité sectorielle
« Quelles sont les références ou les sources fiables sur [votre domaine d’expertise] ? » Êtes-vous reconnu comme un point de savoir dans votre secteur, ou est-ce que ce sont vos concurrents ou des généralistes qui occupent ce terrain à votre place ?
Question 5 : La réputation synthétisée
« Que sait-on de [votre marque] : avis, réputation, points forts ? » Les IA croisent Reddit, les avis en ligne, la presse spécialisée, YouTube, LinkedIn pour répondre. Ce qu’elles trouvent (ou pas) est le signal direct de votre présence hors de votre propre site.
Ce que vous allez probablement observer : soit vous n’existez pas, soit vous êtes mentionné de manière floue et générique, soit et c’est le scénario le plus fréquent l’IA vous décrit approximativement parce qu’elle n’a pas de sources fiables pour faire mieux. Aucun de ces trois résultats n’est neutre pour votre activité.
La fenêtre n’est pas encore fermée
La bonne nouvelle (et il y en a une) : la fenêtre n’est pas encore fermée. Les projections des experts situent le point de bascule entre fin 2027 et début 2028, le moment où les conversions générées par les plateformes IA égaleront celles générées par Google. Nous avons donc 18 à 24 mois selon les modélisations de RankScience basées sur l’analyse scientifique de Princeton pour établir une autorité durable.
Ceci n’est pas une invitation à paniquer :) Ceci est une invitation à comprendre ce qui change et à décider si vous voulez en faire partie ou regarder vos concurrents le faire.
Avant de vous laisser je dois vous dire quelque chose d’important : Ne vous attendez pas à trouver des hacks, trucs, tocs sur le GEO dans tous les sens par ici ! un fichier llms.txt ? oui pourquoi pas si vous voulez, cela ne peut pas faire de mal mais il n’y aura rien de magique à faire cela …d’ailleurs glace Moustache n’en a pas ! surprise hein ? pas tant que ça … mais nous aurons l’occasion d’en reparler…
Votre marque est-elle prête pour l’ère du GEO ?
Si vous avez fait le test des 5 questions et que le résultat vous montre que vous êtes invisible ou mal positionné par les IA, ne restez pas sur le trottoir d’en face.
Si vous voulez qu’on regarde ensemble ce que ChatGPT ou Claude racontent sur votre entreprise et comment corriger le tir : Laissez-moi un message privé sur le Chat de La Meute. Dites-moi ce qui est ressorti de votre test, et on en discute tranquillement. (ceci n’est pas une offre commerciale, juste une discussion entre substackiens pour s’enrichir mutuellement si le sujet vous intéresse :)) .
La semaine prochaine dans La Meute : la preuve que le GEO ne sert à rien si on ne sait pas précisément définir qui on est.
J’ai demandé à Gemini pourquoi il citait Big Mamma avant Del Arte. Il m’a répondu qu’il avait un “biais pour le storytelling”, que Del Arte, c’était “le choix de la raison.” Big Mamma, “le choix du cœur.”
Une IA qui avoue préférer les marques qui ont du chien. A suivre, dans le prochain épisode (j’ai toujours rêvé de dire ça).
Emilie
Qui suis-je ?
Emilie Delorme, fondatrice de LadN, studio de stratégie de marque, narration et GEO/SEO. Après 16 ans à piloter la stratégie et performance commerciale chez Cdiscount, je mets mon obsession de la data et mon amour des mots au service des dirigeants. Chaque semaine à travers La Meute, je partage mon expérience pour aider les fondateurs à exprimer ce qu'ils sont vraiment à travers des marques de caractère et à faire en sorte que les humains comme les algorithmes de recherche les choisissent.




Hello. J'ai fait un petit test pour mon agence de service et le résultat est plutôt très positif et intéressant. Puis-je te l'envoyer dans le chat ? J'ai regardé mais je ne l'ai pas trouvé. 😕